« Art pour la vie au sahel », une exposition qui raconte le vivre ensemble au sahel

Article : « Art pour la vie au sahel », une exposition qui raconte le vivre ensemble au sahel
Crédit: Moïse ouedraogo
24 août 2025

« Art pour la vie au sahel », une exposition qui raconte le vivre ensemble au sahel

L’artiste plasticien Assane Dialga parle de la paix, la résilience et le vivre-ensemble au Sahel. © Le Musée national du Burkina Faso

« Art pour la vie au sahel » est une exposition temporaire de l’artiste burkinabè Assane Dialga au musée national du Burkina Faso. L’exposition met en valeur les modes de vies, les richesses et l’identité des peuples du sahel. L’installation de l’exposition nous présente une scénographie lisible, pensée pour mettre en valeur le message de l’artiste.

L’organisation spatiale et mise en scène

Les œuvres sont disposées de manière circulaire, sur des modules centraux et sur les murs périphériques. Ce double accrochage invite le visiteur à tourner autour des panneaux comme dans une ronde. Ce qui favorise la découverte progressive et la mise en relation des tableaux. La circulation est fluide, sans surcharge, ce qui crée un climat propice à la contemplation.

L’exposition d’Assane Dialga met en lumière le Sahel à travers des paysages et scènes de vie aux teintes chaudes. Elle traduit la paix, la résilience et le vivre-ensemble.
Ce double accrochage invite le visiteur à tourner autour des panneaux. ©Moïse Ouedraogo

L’éclairage latéral met en valeur les couleurs chaudes et terreuses des peintures. La sobriété des murs blancs et des supports recouverts de tissu blanc fait ressortir la matière picturale et suggère une forme de pureté, en écho à l’idée de paix et de résilience. L’espace aéré évite toute agressivité visuelle. Ce qui renforce le sentiment de calme et d’ouverture.

Le parcours, qui oblige à se déplacer d’un tableau à l’autre, reproduit une marche collective. Chaque visiteur suit son propre chemin mais tous partagent le même espace, comme une métaphore du vivre-ensemble. Les scènes représentées (villages, paysages du Sahel, activités communautaires) témoignent de la capacité des populations à s’unir face aux épreuves, à reconstruire et à habiter le monde en harmonie.

Matériaux et formes plastiques

Les compositions privilégient la narration collective. © Musée national du Burkina Faso

Assane Dialga mobilise des couleurs jaunes et brunes qui rappellent la terre sahélienne, la poussière. Les formes sont simples, ce qui leur donne une portée universelle. Les compositions privilégient la narration collective notamment la représentation de villages, de cases, des silhouettes qui cohabitent. Par ces choix, l’artiste parle du Sahel non pas comme un espace de crise, mais comme un territoire de culture et d’espoir.

Varier les formats et techniques

Toutes les œuvres ou presque présentent des teintes similaires notamment ocres, bruns et jaunes. Aussi, on constate des formats proches, ce qui tend parfois à instaurer une certaine monotonie visuelle. L’exposition, essentiellement picturale, gagnerait à s’ouvrir à d’autres médiums comme le son, la vidéo, ou encore l’intégration de matériaux naturels (terre, paille, sable) pour amplifier l’impact sensoriel et rendre le Sahel dans toute sa complexité.

Toutes les œuvres ou presque présentent des teintes similaires . ©Moïse Ouedraogo.

L’ajout de sons, instruments traditionnels, renforcerait l’expérience, tout comme une mise en scène plus narrative avec des panneaux guidant le visiteur et explicitant le lien entre chaque œuvre et les thèmes de la paix, de la résilience et du vivre-ensemble. Enfin, un jeu de lumières plus nuancé, variant en intensité et en direction, pourrait offrir du relief aux tableaux et créer des ambiances distinctes selon les sujets représentés.

« Ce travail a été rendu possible grâce au soutien de ANF.»

Partagez