Emma Rumpf, une artiste allemande éco-engagée au Burkina Faso

Article : Emma Rumpf, une artiste allemande éco-engagée au Burkina Faso
Crédit: Goethe-institut Burkina Faso
6 janvier 2025

Emma Rumpf, une artiste allemande éco-engagée au Burkina Faso

Organisée par le Goethe-Institut du Burkina Faso, l’exposition, intitulée « Dans l’intervalle, nous construisons nos maisons », rassemblait des artistes venus du Burkina Faso et d’Allemagne. L’exposition proposait une réflexion commune, un dialogue artistique, où chaque œuvre semblait tisser un fil entre les cultures et les expériences.

Parmi toutes ces créations, il y en avait une qui semblait plus marquante. Elle portait le nom d’Emma. En fait, c’était l’artiste elle-même qui portait ce nom, et son œuvre. Emma Rumpf est une artiste allemande éco-engagée. Sur son corps, elle portait une tenue entièrement confectionnée à partir de sachets d’eau récupérés dans les rues de Ouagadougou. Ces sachets, colorés et marqués des noms familiers des eaux du Burkina racontaient mille histoires : celles des mains qui les avaient tenus, des routes qu’ils avaient traversées avant de finir oubliés.

Chaque couture de son vêtement renfermait un secret. Emma y avait glissé des mots, mais ce n’étaient pas que les siens. Elle invitait les visiteurs à échanger leurs propres mots avec ceux de son habit, transformant ainsi une simple interaction un instant d’échange et de partage. Elle expliquait que son art n’était pas seulement une dénonciation du plastique jetable, mais une tentative de réconcilier l’humanité avec son environnement, de révéler la beauté cachée dans ce que nous considérons comme des déchets.

Son œuvre s’inscrivait parfaitement dans le thème de l’exposition : un espace où rien n’était figé, où les frontières entre le conscient et l’inconscient, l’art et l’espace, l’ami et l’inconnu s’effaçaient peu à peu. Chacune de ses créations, à base de sachets recyclés ou de bois d’eucalyptus, portait cette même vision : celle d’un art éco-responsable, d’un art qui se voulait dialogue autant qu’éveil.

Elle était là, non pour imposer son message, mais pour l’offrir, pour nous inviter à repenser notre lien avec le monde. À travers son geste artistique, elle donnait un nouveau souffle à l’idée même de maison : non plus un espace limité par des murs, mais un lieu de rencontre, un lieu partagé, où l’art devenait un point de départ pour construire autrement.

Emma était là, non pour imposer son message, mais pour l’offrir, pour nous inviter à repenser notre lien avec le monde. © Goethe Institut Burkina Faso

Ce jour-là, je n’ai pas seulement vu une exposition. J’ai rencontré une vision, un écho, un appel à construire différemment. Et dans cet intervalle, je me suis découvert, moi aussi, un peu chez moi. Évidemment, moi aussi, après avoir réalisé deux documentaires sur la protection de l’environnement, j’étais sans doute beaucoup plus sensible à sa création que celles des autres artistes.

L’exposition m’avait tellement marqué que je suis retourné le lendemain, dans l’espoir de la revoir et discuter avec Emma. Malheureusement, elle n’était programmée que pour cette soirée-là. Malgré tout, j’étais heureux d’avoir découvert l’œuvre d’Emma.

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