Dodji Kwami Agbetoglo : un modèle économique pour vivre de son art

Article : Dodji Kwami Agbetoglo : un modèle économique pour vivre de son art
Crédit: Youssouf Koné
21 novembre 2024

Dodji Kwami Agbetoglo : un modèle économique pour vivre de son art

Le parcours de Dodji Kwami Agbetoglo, sculpteur, designer et artisan basé à Lomé, illustre un modèle économique réfléchi qui lui permet de vivre pleinement de son art. À travers une approche qui allie création artistique, artisanat fonctionnel et recyclage, Dodji a bâti une structure économique viable, adaptée aux réalités locales et globales. Ce modèle repose sur une diversification stratégique de ses activités et sur une vision à long terme. 

Un modèle entre art et artisanat

Au cœur de la stratégie de Dodji se trouve la complémentarité entre son travail de sculpteur, qui représente l’essence de son art, et ses activités de designer et d’artisan. Si ses sculptures sont des pièces uniques, porteuses de sens et souvent exposées dans des galeries ou événements artistiques, elles ne constituent pas sa principale source de revenus. Ce sont les créations artisanales, comme les meubles et objets décoratifs qu’il conçoit, qui génèrent des ressources financières régulières. 

Ce modèle lui permet de tirer parti des deux univers qui sont le marché de l’art, où ses sculptures renforcent sa notoriété et lui ouvrent des opportunités d’expositions et de collaborations internationales. Aussi, le marché de l’artisanat, qui lui offre un revenu stable grâce à des produits destinés à une clientèle locale ou régionale à la recherche d’objets esthétiques et fonctionnels. 

En alternant entre ces deux sphères, Dodji optimise ses revenus tout en restant fidèle à sa vision artistique. 

Aussi, un autre pilier de son modèle économique réside dans l’utilisation de matériaux recyclés. Ce choix, au-delà de son impact environnemental, est également une stratégie économique. En s’approvisionnant en matériaux de récupération tels que le bois, le métal ou le plastique, Dodji réduit considérablement ses coûts de production tout en conférant à ses œuvres une identité unique et engagée. Cette démarche attire une clientèle sensible aux questions écologiques et renforce la valeur perçue de ses créations, tant sur le marché local qu’international. 

L’autofinancement comme moteur de création

Les revenus issus de ses activités artisanales et de design ne se limitent pas à subvenir à ses besoins quotidiens. Ils jouent un rôle dans l’autofinancement de ses projets artistiques. Ce modèle lui permet de conserver une indépendance artistique, sans dépendre exclusivement de subventions, mécènes ou ventes aléatoires d’œuvres. L’autofinancement garantit une continuité dans sa production artistique et une liberté dans ses choix créatifs. 

Le contexte économique du Togo, marqué par des ressources limitées et une demande fluctuante, a poussé Dodji à adopter une approche pragmatique. En diversifiant ses activités, il s’assure une résilience économique face aux aléas du marché de l’art. Cette polyvalence s’accompagne d’une capacité à collaborer et à s’adapter, acquise notamment lors de ses expériences internationales en Chine, Côte d’Ivoire et Nigéria. 

Le modèle économique de Dodji Kwami Agbetoglo est un exemple pour de nombreux artistes africains confrontés aux défis de la pérennité financière. Il montre que la créativité, associée à une diversification stratégique des activités et à un engagement écologique, peut devenir un moteur de réussite économique et artistique. 

Dodji incarne une nouvelle génération d’artistes-entrepreneurs capables de conjuguer passion artistique, innovation écologique et pragmatisme économique pour créer un équilibre durable entre art et subsistance.

Partagez