« Katanga, la danse des scorpions » : Quand Dani Kouyaté revisite Macbeth en Afrique

Article : « Katanga, la danse des scorpions » : Quand Dani Kouyaté revisite Macbeth en Afrique
Crédit: Fespaco
2 mars 2025

« Katanga, la danse des scorpions » : Quand Dani Kouyaté revisite Macbeth en Afrique

Le FESPACO 2025 a une fois de plus célébré l’excellence du cinéma africain du 22 février au 01 Mars. Cette année, c’est Katanga, la danse des scorpions du réalisateur burkinabè Dani Kouyaté qui a décroché l’Étalon d’or de Yennenga. Inspiré de Macbeth de Shakespeare, ce film revisite les thèmes universels du pouvoir, de la trahison et de la culpabilité dans un cadre africain.

Comme à l’ouverture , l’écran de mon ordinateur depuis le Sénégal, a été le témoin de la cérémonie de clôture du FESPACO 2025. L’attente était insoutenable. Les regards rivés sur la scène, la tension montait alors que Martin Zongo s’apprêtait à dévoiler le grand vainqueur de cette édition. Puis enfin, l’annonce tant attendue : Katanga, la danse des scorpions de Dani Kouyaté remporte l’Étalon d’or de Yennenga.

 L'affiche du film avec l'acteur burkinabè Mahamady Nana dans le rôle principal "Katanga''
L’affiche du film avec l’acteur burkinabè Mahamady Nana dans le rôle principal « Katanga ». © Dani Kouyaté

Mis à part la bande d’annonce, c’est un film que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir, mais dont la critique signée par Yaya TRAORE, un ami journaliste sur noocultures me donne déjà un aperçu. Dani Kouyaté, figure majeure du cinéma burkinabè, s’inspire cette fois de Macbeth de Shakespeare pour livrer une tragédie où ambition, trahison et culpabilité s’entrelacent.

Selon Yaya Traoré, dès les premières images, un choix s’impose : le noir et blanc. Une esthétique qui donne au film une dimension intemporelle, accentuant le tiraillement intérieur du protagoniste. L’histoire se déroule dans le royaume imaginaire de Ganzurgu. Katanga, chef militaire loyal, assassine son cousin, le roi Pazouknaam, après avoir entendu une prophétie, poussé par son épouse Pougnéré. L’ascension est fulgurante, la descente aux enfers inévitable.

Le film brille par sa mise en scène et un casting assuré par Ildevert Méda, un doyen du théâtre au Burkina Faso. Les costumes, entre tradition et modernité, ancrent le récit dans une Afrique où passé et présent se côtoient. Dani Kouyaté joue sur cette tension, laissant transparaître une réflexion sur la coexistence entre héritage et évolution.

Katanga joue sur la tension qui laisse transparaître une réflexion sur la coexistence entre héritage et évolution. © Fespaco
Dani Kouyaté joue sur la tension qui laisse transparaître une réflexion sur la coexistence entre héritage et évolution. © Fespaco

Katanga, la danse des scorpions questionne le pouvoir et ses dérives, une thématique universelle réinterprétée à travers une lecture africaine. Il rappelle que l’obsession du pouvoir transcende les époques et que les tragédies de jadis résonnent encore aujourd’hui. Si certains choix esthétiques divisent, le film s’impose comme une contribution majeure au cinéma africain, un pont entre tradition et modernité, entre mythe et réalité.

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