« Ouili », le temps d’un spectacle au Fespaco 2025

Article : « Ouili », le temps d’un spectacle au Fespaco 2025
Crédit: © Fespaco
24 février 2025

« Ouili », le temps d’un spectacle au Fespaco 2025

Le 29ᵉ Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) où près de 20 000 festivaliers sont annoncés à Ouagadougou, se déroule du 22 février au 1er mars sous le thème « cinéma d’Afrique et identités culturelles ». Le Tchad est le pays invité d’honneur.

La 29e édition du Fespaco se déroule sous le thème « cinéma d’Afrique et identités culturelles ». © Fespaco

Depuis le Sénégal, l’écran de l’ordinateur est devenu une fenêtre sur Ouagadougou. On pouvait être témoin de la cérémonie d’ouverture de la 29ᵉ édition du FESPACO à des centaines de kilomètres grâce à l’Internet.

Le spectacle « Ouili » (qui signifie lève-toi) mis en scène par Aristide Tarnagda, n’était pas qu’une performance artistique ; c’était un manifeste, un cri du cœur, un hymne à une Afrique qui refuse de ployer le genou, de gémir, de se résigner.

Cette chorégraphie en trois tableaux, ces voix qui s’élevaient. Elles chantaient pour une Afrique libre, une Afrique debout, une Afrique digne.

Iron Biby, le champion du monde de Log-lift, est apparu. À ses côtés, Gaston Kaboré, légende du cinéma burkinabè, témoignait de l’importance de la mémoire, du patrimoine culturel et de la transmission. Leurs présences symbolisaient à elles seules la puissance et la richesse de l’Afrique, une Afrique qui se raconte à travers ses héros contemporains.

Les chants parodiques se mêlaient aux danses chorégraphiques, soutenus par un orchestre qui rythmait la scène. La musique traditionnelle burkinabè de Zougnazagmda et la voix d’Awa Boussim avaient cette puissance de faire vivre une émotion au-delà des frontières.

Puis, les hommages. Thomas Sankara, Patrice Lumumba… des noms qui résonnent encore aujourd’hui comme des icônes de lutte et de dignité. Les voix leur rendaient hommage, rappelant à chacun d’entre nous le poids de leur héritage. On a ressenti un frisson en écoutant cet hommage posthume à Souleymane Cissé, le cinéaste malien décédé quelques jours avant l’événement. Son image projetée, un adieu qui n’avait rien de triste mais qui célébrait une vie dédiée au cinéma africain.

Depuis le Sénégal, on pouvait être témoin de cette communion, de cette célébration collective où enfants, femmes, hommes, anonymes et stars du 7e art africain se rejoignaient, le temps d’un spectacle. Le Capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, et le Maréchal Idriss Déby Itno, président du Tchad et invité d’honneur, étaient présents pour donner le clap de départ. Mais au-delà des officiels, c’est tout un peuple qui était debout, fier, digne.

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