Exposition : Le retour de Thomas Sankara dans le Burkina Faso d’aujourd’hui

Article : Exposition : Le retour de Thomas Sankara dans le Burkina Faso d’aujourd’hui
Crédit: © Musée communal Sogossira Sanon
12 mai 2026

Exposition : Le retour de Thomas Sankara dans le Burkina Faso d’aujourd’hui

Placée sous le thème Thomas Sankara, le retour, l’exposition s’est tenue le 28 avril 2026 au Musée communal de Bobo-Dioulasso. À travers archives, objets et récits, ce parcours met en lumière la permanence de sa pensée dans le Burkina Faso d’aujourd’hui, où ses valeurs continuent d’inspirer.

Le parcours met en lumière la permanence de sa pensée dans le Burkina Faso d’aujourd’hui.© Musée communal sogossira Sanon

L’exposition s’ouvre sur une citation de Thomas Sankara : « La liberté de critiquer déclenche également la liberté de protester. Nous leur retirons la liberté de nuire et nous leur donnerons la liberté de servir le peuple ». Une entrée en matière, qui fait écho à l’actualité du Burkina Faso et rappelle que, déjà sous son ère, les questions de liberté d’expression et d’opinion étaient au cœur des débats. Aujourd’hui encore, cette réflexion résonne avec notre contexte.

Le parcours se poursuit par une plongée dans l’enfance de Thomas Sankara. De sa naissance, son origine familiale au sein d’une fratrie de dix enfants, ainsi que ses premières années à l’école primaire. L’exposition revient ensuite sur sa formation militaire, débutée au Prytanée militaire du Kadiogo, avant d’être poursuivie à Madagascar, où il parachève son apprentissage et forge une partie de sa pensée. Un espace est également consacré à sa vie personnelle. Marié à l’état civil, il était père de deux enfants. Sa sensibilité artistique y est aussi évoquée à travers sa passion pour la musique et la guitare. Le parcours retrace ensuite son engagement politique, de sa nomination comme ministre de l’Information à son poste de Premier ministre, en passant par son emprisonnement, jusqu’au coup d’État qui le porte au pouvoir.

Ses idéaux et ses combats occupent une place centrale notamment le panafricanisme, la souveraineté, et sa volonté de gouverner par l’exemple. Cette vision s’est notamment traduite par des gestes, comme le renoncement aux véhicules de luxe au profit d’un modèle simple, pour dire que l’exemplarité doit venir des dirigeants.

Son engagement pour l’agriculture est également mis en avant, avec des politiques ayant contribué à atteindre l’autosuffisance alimentaire. L’exposition évoque aussi des initiatives symboliques, comme l’encouragement à planter des arbres, jusque dans les cérémonies de mariage, participant à faire reverdir le pays.

D’autres aspects de son action sont abordés, notamment la valorisation des tenues traditionnelles, inscrite dans une logique de réappropriation culturelle.

Enfin, le parcours se conclut sur sa disparition, avec la présentation d’un document qui est son certificat de décès, où il est mentionné une « mort naturelle ».

Tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront

L’exposition montre que Thomas Sankara demeure présent à travers ses idéaux, toujours vivants dans les pratiques actuelles. En témoignent les initiatives citoyennes, le retour aux tenues traditionnelles, l’engagement pour la protection de l’environnement. Autant de dynamiques qui donnent sens à ce « retour » évoqué par le thème de l’exposition.

Parmi les éléments, le public découvre des images de figures considérées comme des « trésors humains vivants », ainsi que des objets symboliques ayant appartenu à Sankara, notamment sa guitare offerte par Omar Bongo et son pistolet personnel.

Ce retour s’explique aussi par une phrase : « Tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront ». Une vision qui semble aujourd’hui trouver écho. L’héritage laissé, renforcé par le travail de figures comme Norbert Zongo, a contribué à éveiller les consciences. Les œuvres et les actions de Sankara continuent de parler d’elles-mêmes.

L’exposition montre que Thomas Sankara demeure présent à travers ses idéaux. © Musée national

Après des années marquées par des régimes où ces idéaux ont parfois été mis en veille, un regain d’appropriation s’observe, notamment depuis l’insurrection populaire. Le port du Faso Danfani, le désir de transparence et d’exemplarité dans la gouvernance traduisent cette volonté de retour aux fondamentaux. Cette prise de conscience dépasse même les frontières nationales et s’inscrit dans une dynamique plus large à l’échelle africaine.

Pour que cet élan s’inscrive dans la durée, l’appel est lancé aux autorités à maintenir le cap, à gouverner par l’exemplarité, mais aussi à la population à soutenir et protéger ceux qui portent ces idéaux. L’ambition est claire.  Faire en sorte que chaque Burkinabè, à son niveau, incarne une part de cet héritage, en contribuant à faire vivre la mémoire et les valeurs de Sankara.

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