« Je souhaite que les visiteurs retiennent avant tout que le cheval est au cœur de notre culture » : Harouna Marané

Article : « Je souhaite que les visiteurs retiennent avant tout que le cheval est au cœur de notre culture » : Harouna Marané
Crédit: © Fredo Bassolé
16 avril 2026

« Je souhaite que les visiteurs retiennent avant tout que le cheval est au cœur de notre culture » : Harouna Marané

Présentée le 11 avril 2026 à Les Ateliers Maaneere, l’exposition photographique Le cheval, l’âme d’un peuple de Harouna Marané met le cheval à l’honneur. Photographe depuis 2002, l’artiste s’est progressivement orienté vers une démarche plus artistique à partir de 2017, à la suite de formations suivies lors d’une résidence en Allemagne. Longtemps engagé dans le photojournalisme, il se définit aujourd’hui comme photographe freelance, à la fois artiste et scientifique.

Harouna Marané, photographe freelance, à la fois artiste et scientifique. © Fredo Bassolé

Certaines images de cette série avaient déjà été présentées en 2022, sous le thème « Burkina Faso, terre de cheval » à Bilbalogo. Depuis, le travail a évolué, tant dans sa qualité que dans son approche. « J’ai affiné le choix des images, retravaillé les angles de prise de vue, et cherché à proposer une lecture plus aboutie de ce sujet ».

Aujourd’hui, il a souhaité revisiter cette série sous un autre angle, avec un thème plus en phase avec le contexte national : « L’âme d’un peuple ». Car au Burkina Faso, le cheval dépasse largement sa simple fonction utilitaire. Il est profondément lié à l’identité culturelle. « La légende raconte que l’ancêtre des Mossi, la princesse Yennenga a quitté Gambaga à cheval, un récit fondateur qui a notamment donné naissance au patronyme Ouédraogo ».

Le cheval est omniprésent dans la société burkinabè

Historiquement, la cavalerie a joué un rôle majeur, et aujourd’hui encore, le cheval reste omniprésent dans la société burkinabè. Il est devenu un symbole national, que l’on retrouve dans les armoiries du pays, mais aussi au quotidien et les représentations contemporaines, qu’il s’agisse du sport comme le football, le cyclisme ou des cérémonies officielles. « Par exemple, lors des présentations de lettres de créance à la présidence, ce sont des chevaux qui accueillent les ambassadeurs à leur arrivée ». Autant de signes qui témoignent de la place centrale du cheval dans l’histoire et de l’identité.

Historiquement, la cavalerie a joué un rôle majeur, et aujourd’hui encore. © DTO

L’exposition a été structurée autour de plusieurs sous-thématiques, toutes reliées à la thématique centrale. On y retrouve notamment le sport et l’univers hippique, la cavalerie en milieu urbain, mais aussi les usages contemporains du cheval par les Burkinabè, que ce soit comme symbole de prestige, dans les mariages, les activités culturelles ou encore comme source de revenus.

Pour Marané, le choix du noir et blanc s’inscrit dans une volonté de créer un lien entre le passé celui des récits fondateurs et le présent. Ce choix permet de traverser le temps et de donner une lecture plus intemporelle des images. « Dans ma pratique, je m’adapte aux situations et aux angles de prise de vue, qu’il s’agisse de paysages ou de portraits, avec l’objectif de restituer le sujet et de le mettre pleinement en valeur.  Généralement, je travaille en noir et blanc ».

Ce que les visiteurs doivent avant tout retenir    

« Je souhaite que les visiteurs retiennent avant tout que le cheval est un véritable emblème, au cœur de notre culture ». Et cela ne concerne pas uniquement le pays moaga. Dans plusieurs communautés, comme chez les Peuls, le cheval a longtemps occupé une place centrale, à la fois dans les activités économiques, les déplacements et même les conflits. Des événements comme le Festival de Barani témoignent encore aujourd’hui de cette valorisation, en mettant le cheval à l’honneur.

« Je souhaite que les visiteurs retiennent avant tout que le cheval est au cœur de notre culture »: Marané. © DTO

« Des recherches et travaux antérieurs, notamment sur la cavalerie Bissa entre Garango et Tenkodogo, ou encore les études menées par une photographe française dans les années 1970, confirment cette présence historique ». Le cheval est profondément inscrit dans l’identité collective. On le retrouve dans Les pratiques sociales, dans les cérémonies, et même dans des éléments symboliques du quotidien, comme les motifs figurant sur certains documents officiels comme le passeport.

Cependant, posséder et entretenir un cheval reste aujourd’hui un défi en raison des coûts élevés que cela implique. Malgré cela, sa valeur symbolique demeure intacte.

« Pour ma part, je souhaite poursuivre ce travail en explorant davantage les multiples dimensions liées au cheval, afin de continuer à documenter et à valoriser cette richesse culturelle essentielle ».

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