Harouna Neya

« Art pour la vie au sahel », une exposition qui raconte le vivre ensemble au sahel

L’artiste plasticien Assane Dialga parle de la paix, la résilience et le vivre-ensemble au Sahel. © Le Musée national du Burkina Faso

« Art pour la vie au sahel » est une exposition temporaire de l’artiste burkinabè Assane Dialga au musée national du Burkina Faso. L’exposition met en valeur les modes de vies, les richesses et l’identité des peuples du sahel. L’installation de l’exposition nous présente une scénographie lisible, pensée pour mettre en valeur le message de l’artiste.

L’organisation spatiale et mise en scène

Les œuvres sont disposées de manière circulaire, sur des modules centraux et sur les murs périphériques. Ce double accrochage invite le visiteur à tourner autour des panneaux comme dans une ronde. Ce qui favorise la découverte progressive et la mise en relation des tableaux. La circulation est fluide, sans surcharge, ce qui crée un climat propice à la contemplation.

L’exposition d’Assane Dialga met en lumière le Sahel à travers des paysages et scènes de vie aux teintes chaudes. Elle traduit la paix, la résilience et le vivre-ensemble.
Ce double accrochage invite le visiteur à tourner autour des panneaux. ©Moïse Ouedraogo

L’éclairage latéral met en valeur les couleurs chaudes et terreuses des peintures. La sobriété des murs blancs et des supports recouverts de tissu blanc fait ressortir la matière picturale et suggère une forme de pureté, en écho à l’idée de paix et de résilience. L’espace aéré évite toute agressivité visuelle. Ce qui renforce le sentiment de calme et d’ouverture.

Le parcours, qui oblige à se déplacer d’un tableau à l’autre, reproduit une marche collective. Chaque visiteur suit son propre chemin mais tous partagent le même espace, comme une métaphore du vivre-ensemble. Les scènes représentées (villages, paysages du Sahel, activités communautaires) témoignent de la capacité des populations à s’unir face aux épreuves, à reconstruire et à habiter le monde en harmonie.

Matériaux et formes plastiques

Les compositions privilégient la narration collective. © Musée national du Burkina Faso

Assane Dialga mobilise des couleurs jaunes et brunes qui rappellent la terre sahélienne, la poussière. Les formes sont simples, ce qui leur donne une portée universelle. Les compositions privilégient la narration collective notamment la représentation de villages, de cases, des silhouettes qui cohabitent. Par ces choix, l’artiste parle du Sahel non pas comme un espace de crise, mais comme un territoire de culture et d’espoir.

Varier les formats et techniques

Toutes les œuvres ou presque présentent des teintes similaires notamment ocres, bruns et jaunes. Aussi, on constate des formats proches, ce qui tend parfois à instaurer une certaine monotonie visuelle. L’exposition, essentiellement picturale, gagnerait à s’ouvrir à d’autres médiums comme le son, la vidéo, ou encore l’intégration de matériaux naturels (terre, paille, sable) pour amplifier l’impact sensoriel et rendre le Sahel dans toute sa complexité.

Toutes les œuvres ou presque présentent des teintes similaires . ©Moïse Ouedraogo.

L’ajout de sons, instruments traditionnels, renforcerait l’expérience, tout comme une mise en scène plus narrative avec des panneaux guidant le visiteur et explicitant le lien entre chaque œuvre et les thèmes de la paix, de la résilience et du vivre-ensemble. Enfin, un jeu de lumières plus nuancé, variant en intensité et en direction, pourrait offrir du relief aux tableaux et créer des ambiances distinctes selon les sujets représentés.

« Ce travail a été rendu possible grâce au soutien de ANF.»


Le graffiti au Burkina Faso : Les murs deviennent des témoins des combats et des espoirs du peuple

À Ouagadougou, le graffiti n’est plus seulement une touche colorée sur les murs poussiéreux de la capitale. Il est devenu une véritable langue visuelle qui porte des messages forts, de mémoires collectives et de revendications sociales.

Un artiste graffeur peignant une œuvre évoquant la résilience face au terrorisme. © Graff Saha

Le graffiti, sous sa forme actuelle, a fait son apparition au Burkina Faso au début des années 2000 grâce au festival Ouaga Hip Hop. Des graffeurs venus d’Europe ont alors initié des artistes locaux à cette discipline, mêlant peinture, lettrage et art mural. Mais cet élan initial est resté sans suite pendant plusieurs années, faute d’espace d’expression et de structuration de la pratique.

Il faudra attendre 2023 pour voir la naissance de Graff Saha, premier festival international de graffiti au Burkina Faso, initié par Ousmane Guigma, alias Manoos, figure emblématique de cet art urbain. Plus qu’un événement culturel, Graff Saha est pensé comme un espace de rencontre, de formation et surtout comme un outil de mobilisation citoyenne.

Des thèmes ancrés dans les réalités du pays

Chaque édition de Graff Saha s’articule autour d’un thème fort :

  • 2023 : Résilience des communautés face au terrorisme. Les fresques réalisées évoquaient la douleur des déplacés internes, la perte des terres, mais aussi l’espoir et la solidarité.
  • 2024 : Les murs ont des oreilles. Les artistes y ont travaillé sur la liberté d’expression, la surveillance et les rapports entre parole publique et pouvoir.
  • 2025 : Racines et destin : le Burkina Faso en mouvement. Cette édition questionne l’identité culturelle, le lien entre tradition et modernité, et la mobilité des peuples.
Fresque murale du festival Graff Saha, représentant des figures de résilience et d’engagement au Burkina Faso. © Graff Saha

Ces thématiques, loin d’être décoratives, sont choisies pour résonner avec les luttes sociales, environnementales et politiques en cours dans le pays.

L’une des forces du graffiti réside dans sa présence au cœur de l’espace public. Les murs choisis pour les fresques sont souvent situés dans des lieux stratégiques : carrefours très fréquentés, marchés, façades de bâtiments abandonnés ou encore abords des quartiers populaires.

En plaçant des images fortes à hauteur de regard, Graff Saha transforme la ville en une galerie à ciel ouvert où chaque passant devient spectateur et, potentiellement, acteur du changement. Ces murs peints interrogent, provoquent la discussion, suscitent parfois la controverse. Ils deviennent ainsi un espace de débat citoyen, au même titre qu’une tribune publique.

Un engagement citoyen et environnemental

Si les thèmes abordés touchent à la paix, à la mémoire et à l’identité, le festival donne aussi une place croissante aux questions environnementales. Dans un pays confronté à la désertification, à la pollution et à l’urbanisation rapide, plusieurs fresques ont déjà évoqué la protection des ressources naturelles, la lutte contre les déchets plastiques et la préservation des arbres.

Le graffiti devient alors un outil de sensibilisation écologique, capable de toucher directement les populations, sans passer par les canaux institutionnels souvent éloignés du quotidien des habitants.

Depuis sa première édition, Graff Saha attire des artistes venus de différents horizons. En 2023, quatre invités d’Afrique et d’Europe étaient présents. En 2024, la participation s’est élargie aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’édition 2025 a vu l’arrivée de nouveaux artistes internationaux, même si le Maroc et la Belgique, intéressés, n’ont pas pu participer pour des raisons logistiques. Cette ouverture internationale permet d’enrichir les techniques, de croiser les styles, et de placer Ouagadougou sur la carte mondiale du graffiti.

Les artistes de graffiti réunis pendant le festival Graff Saha à Ouagadougou pour la créativité urbaine. © Graff Saha

Un modèle économique encore fragile mais prometteur

En dehors du festival, les graffeurs trouvent des commandes dans des lieux privés : maquis, restaurants, chambres d’enfants… Les œuvres réalisées lors de Graff Saha sont déclarées au Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA), ce qui permet aux artistes de percevoir des droits. Cette démarche contribue à professionnaliser le métier, même si la rentabilité reste limitée.

À travers Graff Saha, le graffiti burkinabè montre qu’il peut être bien plus qu’un art ornemental. Il devient un acte citoyen, une arme douce, qui fait vibrer les murs et les consciences.
En articulant art visuel, mémoire collective et engagement social, il contribue à façonner un nouvel imaginaire urbain, où les murs deviennent des témoins des combats et des espoirs du peuple.

« Ce travail a été rendu possible grâce au soutien de ANF».


L’œuvre « Lonlon nyo » de l’artiste Ora D : Une réflexion sur la nature de l’amour et de la condition humaine

L’œuvre « Lonlon nyo » qui signifie l’amour est bon, en langue Ewé du Togo, est l’œuvre de Ora D. cette création est une composition de quatre panneaux carrés, réalisée en utilisant la technique du string art. Cette technique consiste à enfoncer des clous dans un support puis à tendre des fils colorés entre eux pour créer des formes et des motifs. L’œuvre à été exposée à Weké, le marché d’art contemporain de Ouagadougou édition 2024.

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L’œuvre » Lonlon nyo » se compose de quatre panneaux carrés, chacun présentant une composition abstraite et colorée © Ora D.

Le style de l’œuvre

Le tableau se compose de quatre panneaux carrés, chacun présentant une composition abstraite et colorée. Les œuvres semblent être des représentations stylisées de visages et de figures humaines, réalisées à l’aide de fils de différentes couleurs enfilées sur des clous plantés dans chaque panneau. Les couleurs sont vives et contrastées, créant un effet visuel dynamique. Les formes géométriques et les lignes entrecroisées donnent une impression de mouvement et d’énergie. Le fond de chaque panneau est généralement sombre, ce qui met en valeur les couleurs vives des fils. L’ensemble évoque un style contemporain et rappelle certaines techniques d’art textile africain.

La technique du string art, qui puise ses racines dans l’artisanat, est ici utilisée pour créer des compositions abstraites et géométriques. L’ajout de collages apporte une touche de matière et de texture, renforçant ainsi les caractères de chaque panneau. Les formes géométriques utilisées par l’artiste évoquent à la fois l’art africain et les courants artistiques modernes tels que le cubisme. Les couleurs vives et les contrastes marqués renvoient à l’art populaire et à l’expressionnisme.

Cependant, l’utilisation de visages comme motif central suggère une réflexion sur l’identité, les émotions et les relations humaines. Les couleurs vives et les formes expressives pourraient être liées à des sentiments de joie, d’amour et de vitalité.

Chaque panneau pourrait représenter une facette de l’amour : l’amour de soi, l’amour pour les autres, l’amour pour la vie. Les couleurs vives et les formes harmonieuses évoqueraient alors un sentiment de bien-être et de plénitude. Les visages pourraient exprimer une gamme d’émotions liées à l’amour : la joie, la tristesse, la colère, l’espoir. Les contrastes entre les couleurs et les formes pourraient alors symboliser les hauts et les bas de la vie affective.

Chaque panneau représenterait un individu, avec ses propres caractéristiques et sa propre histoire. Les visages stylisés pourraient alors être une métaphore de la diversité de l’expérience humaine et de l’importance de l’amour pour nous unir.

Enrichir la symbolique de ses œuvres

L’œuvre étant datée de 2024, il serait pertinent d’explorer comment elle s’inscrit dans les courants artistiques contemporains et comment elle dialogue avec les préoccupations de notre époque. De meme, l’utilisation de visages stylisés sur les quatre panneaux peut créer un effet de répétition qui pourrait être perçu comme un manque de variation. Une plus grande diversité dans les compositions pourrait apporter une dynamique supplémentaire à l’œuvre.

Bien que les quatre panneaux forment une unité, leur lien entre eux n’est pas toujours évident. Une réflexion sur la manière de renforcer les relations visuelles et conceptuelles entre les différents éléments pourrait enrichir l’œuvre. L’artiste pourrait également s’inspirer de motifs spécifiques issus de différentes cultures africaines (masques, tissus, tatouages) pour enrichir la symbolique de ses œuvres. En développant une histoire ou un concept narratif, l’artiste pourrait donner une cohérence plus forte à l’ensemble de l’œuvre et inviter le spectateur à une exploration plus approfondie.

L’artiste Ora D. a exposé son œuvre « Lonlon nyo » à Weké, le marché d’art contemporain de Ouagadougou édition 2024. © wekré

L’utilisation de matériaux mixtes (bois, métal, tissus) pourrait apporter une texture et une matière supplémentaires à l’œuvre, tout en créant des effets visuels surprenants. Aussi en variant les dimensions des panneaux ou en créant une installation plus immersive, l’artiste pourrait modifier la perception de l’œuvre par le spectateur.

« Lonlon nyo » est une œuvre riche en significations, qui invite à une interprétation personnelle. L’utilisation de la technique du string art et des collages confère à cette œuvre une dimension à la fois esthétique et conceptuelle. En explorant les thèmes de l’identité, des émotions et des relations humaines, Ora D nous propose une réflexion sur la nature de l’amour et de la condition humaine.


La cour royale de Tiébélé au Burkina Faso : le patrimoine qui menace de se fissurer au sens propre comme au figuré

Au Burkina Faso, la Cour royale de Tiébélé attire par son architecture en terre et ses fresques peintes par les femmes. Mais ce chef-d’œuvre ancestral résistera-t-il aux pressions du monde moderne ?

Les habitats sont construits en terre, bouse de vache, paille et bois etc. © Service d’Information du Gouvernement

Au pied de la colline Tchébili, dans le sud du Burkina Faso, s’étend un patrimoine : la Cour royale de Tiébélé. Depuis le XVIe siècle, cette enclave du peuple Kasséna raconte une histoire millénaire d’esthétique, de spiritualité et d’organisation sociale. Mais aujourd’hui, entre changement climatique, modernisation en continue et manque de moyens, le site menace de se fissurer au sens propre comme au figuré.

Les Kasséna font partie des ethnies les plus anciennes installées sur le territoire burkinabè. Ils sont classés dans le groupe des « Gurunsi » tout comme d’autres groupes ethniques de la région (Nuni, Nankana, Lélé…). Divers mouvements migratoires, situés vers le XVIe siècle, ont contribué à la mise en place du peuplement Kasséna. Certaines populations sont venues du pays Moaga, d’autres trouvent leurs origines dans le village de Kasana (Ghana actuel).

Une architecture traditionnelle, un art transmis par les femmes

Entièrement construite en terre, bouse de vache, paille et bois, la Cour royale de Tiébélé n’est pas un simple habitat : elle est un livre ouvert sur l’histoire du peuple kasséna. Chaque maison, notamment le Dinian le Mangolo ou encore le Draa possède une forme et une fonction précises, selon le statut social ou l’âge de ses habitants.

Mais si les hommes bâtissent, ce sont les femmes qui insufflent l’âme aux murs. À l’aide de pigments naturels comme le kaolin, le graphite et la latérite, elles dessinent, gravent et modèlent des fresques géométriques et symboliques. Cet art, transmis de génération en génération, constitue une mémoire de la communauté. « Chaque motif a un sens. Nous peignons pour raconter, pour protéger, pour transmettre », confie une aînée de la Cour.

Les femmes sont les gardiennes de l’esthétique de ce patrimoine. © La direction du patrimoine culturel du Burkina Faso

Malgré sa beauté, de nombreuses menaces pèsent cependant sur ce patrimoine. la Cour n’est pas à l’abri des tempêtes contemporaines. L’usage de matériaux modernes comme le ciment, la tôle ou les peintures industrielles altère l’authenticité du site. Pire : ces matériaux sont souvent perçus comme plus “modernes” ou “durables” par les jeunes générations, peu sensibilisées à l’importance des techniques traditionnelles. « Nous devons éviter que la modernité n’efface ce que nous avons de plus précieux », martèle un membre du comité de sauvegarde. L’accès à la cour est conditionné : 500 FCFA pour les élèves, 1000 FCFA pour la nationaux et 2000 FCFA pour les expatriés avec un guide obligatoire à 5000 FCFA.

Un site reconnu, mais toujours en attente de protection durable

Le 26 juillet 2024 a new Dehli, en Inde lors de la 46é session du comité mondial de l’UNESCO, le Burkina Faso obtenu l’inscription de la Cour royale de Tiébélé sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO. Cette inscription renforce la position du Burkina Faso sur la scène mondiale en tant que gardien d’un patrimoine culturel, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour le développement touristique et culturel du pays.

Entre changement climatique, modernisation en continue et manque de moyens, le site menace de se fissurer. © UNESCO

La survie de Tiébélé ne repose pas seulement sur des murs solides, mais sur une transmission de l’héritage. Et les femmes, une fois encore, sont au cœur de cette mission. Par leurs gestes, leurs récits et leurs savoirs, elles perpétuent l’identité kasséna. Mais pour combien de temps encore ? Entre mémoire et mutation, la Cour royale de Tiébélé représente les dilemmes de nombreux patrimoines africains : comment préserver sans figer ? Comment moderniser sans dénaturer ? Et surtout, comment impliquer les jeunes pour que cette beauté ne devienne pas un vestige ?

Toute compte fait, la survie de Tiébélé repose aujourd’hui sur la capacité à transmettre un héritage, sans le figer dans le passé. Pour Alempoa, artisane peintre de la région, « tant que nos filles apprendront à tracer les dessins avec patience, Tiébélé vivra. Mais si elles quittent les murs pour les téléphones, nos couleurs finiront par s’effacer. » Un regard que nuance Idrissa Konaté, étudiant en anthropologie à l’université Joseph Ki Zerbo, pour qui « le défi n’est pas de figer Tiébélé comme dans un musée, mais d’accepter que sa beauté continue d’évoluer, portée par les nouvelles générations, avec leurs outils d’aujourd’hui. » Ce besoin d’adapter la transmission trouve un écho chez Awa Bapoessan, jeune kasséna engagée sur les réseaux sociaux : « Nous devons arrêter de voir la modernité comme une menace. Un TikTok bien fait peut faire aimer Tiébélé à des milliers de jeunes qui n’ont jamais mis les pieds ici. C’est aussi une façon de protéger notre héritage. »

Entre mémoire, mutation et innovation, Tiébélé illustre ainsi les défis de nombreux patrimoines africains : comment préserver sans enfermer, et comment moderniser sans trahir ?


« Katanga, la danse des scorpions » : Quand Dani Kouyaté revisite Macbeth en Afrique

Le FESPACO 2025 a une fois de plus célébré l’excellence du cinéma africain du 22 février au 01 Mars. Cette année, c’est Katanga, la danse des scorpions du réalisateur burkinabè Dani Kouyaté qui a décroché l’Étalon d’or de Yennenga. Inspiré de Macbeth de Shakespeare, ce film revisite les thèmes universels du pouvoir, de la trahison et de la culpabilité dans un cadre africain.

Comme à l’ouverture , l’écran de mon ordinateur depuis le Sénégal, a été le témoin de la cérémonie de clôture du FESPACO 2025. L’attente était insoutenable. Les regards rivés sur la scène, la tension montait alors que Martin Zongo s’apprêtait à dévoiler le grand vainqueur de cette édition. Puis enfin, l’annonce tant attendue : Katanga, la danse des scorpions de Dani Kouyaté remporte l’Étalon d’or de Yennenga.

 L'affiche du film avec l'acteur burkinabè Mahamady Nana dans le rôle principal "Katanga''
L’affiche du film avec l’acteur burkinabè Mahamady Nana dans le rôle principal « Katanga ». © Dani Kouyaté

Mis à part la bande d’annonce, c’est un film que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir, mais dont la critique signée par Yaya TRAORE, un ami journaliste sur noocultures me donne déjà un aperçu. Dani Kouyaté, figure majeure du cinéma burkinabè, s’inspire cette fois de Macbeth de Shakespeare pour livrer une tragédie où ambition, trahison et culpabilité s’entrelacent.

Selon Yaya Traoré, dès les premières images, un choix s’impose : le noir et blanc. Une esthétique qui donne au film une dimension intemporelle, accentuant le tiraillement intérieur du protagoniste. L’histoire se déroule dans le royaume imaginaire de Ganzurgu. Katanga, chef militaire loyal, assassine son cousin, le roi Pazouknaam, après avoir entendu une prophétie, poussé par son épouse Pougnéré. L’ascension est fulgurante, la descente aux enfers inévitable.

Le film brille par sa mise en scène et un casting assuré par Ildevert Méda, un doyen du théâtre au Burkina Faso. Les costumes, entre tradition et modernité, ancrent le récit dans une Afrique où passé et présent se côtoient. Dani Kouyaté joue sur cette tension, laissant transparaître une réflexion sur la coexistence entre héritage et évolution.

Katanga joue sur la tension qui laisse transparaître une réflexion sur la coexistence entre héritage et évolution. © Fespaco
Dani Kouyaté joue sur la tension qui laisse transparaître une réflexion sur la coexistence entre héritage et évolution. © Fespaco

Katanga, la danse des scorpions questionne le pouvoir et ses dérives, une thématique universelle réinterprétée à travers une lecture africaine. Il rappelle que l’obsession du pouvoir transcende les époques et que les tragédies de jadis résonnent encore aujourd’hui. Si certains choix esthétiques divisent, le film s’impose comme une contribution majeure au cinéma africain, un pont entre tradition et modernité, entre mythe et réalité.

À lire aussi : « Ouili », le temps d’un spectacle au Fespaco 2025


La Rue des Étoiles : L’avenue Kwame N’krumah transformée en musée

À l’occasion du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), la capitale burkinabè a inauguré la Rue des Étoiles sur l’avenue Kwame Nkrumah. Ce projet vise à mettre en lumière 140 personnalités dont 116 Burkinabè et 24 autres issues de l’Afrique et de la diaspora.

La Rue des étoiles sur l’avenue Kwame N’krumah à Ouagadougou. © l’Académie des Sotigui

L’avenue Kwame N’krumah à Ouagadougou qui a connu plusieurs attaques terroristes, retrouve aujourd’hui son éclat grâce à l’initiative de la Rue des Étoiles portée par l’Académie des Sotigui Awards. L’objectif de la Rue des Étoiles est de célébrer l’excellence burkinabè et africaine à travers des figures marquantes de divers secteurs tels que l’art et la culture, le sport, la science et l’éducation, la défense et l’engagement citoyen

Les personnalités honorées ont été sélectionnées selon des critères stricts notamment l’excellence dans un domaine spécifique (art, sport, science, culture, défense, etc.) des réalisations dans le domaine militaire ou citoyen et une contribution significative au savoir et à l’héritage culturel africain.

Paul DAUMONT, cycliste burkinabè honoré dans la catégorie sports et loisirs. © l’Académie des Sotigui

La Rue des Étoiles se distingue par son approche de la mémoire collective. Chaque stèle est dotée d’un QR code permettant aux visiteurs de découvrir l’histoire de la personnalité honorée via un récit numérique Kevin Moné, promoteur du projet, explique : « On avait besoin de repères pour bâtir notre histoire. Ces figures, c’est pour la jeune génération Chaque stèle raconte une histoire ».

En transformant l’avenue en musée, la Rue des Étoiles devient un lieu de mémoire, de découverte et d’inspiration pour le tourisme culturel burkinabè.

Reconnaissant l’importance historique et touristique de cette initiative, le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme s’est engagé à protéger et promouvoir ce projet Alimata Sawadogo/Tanly, représentante du ministère, souligne : « Nous nous approprions ce lieu et en ferons un espace de tourisme, d’histoire et de mémoire ».

Le Capitaine Thomas SANKARA dans la catégorie citoyenneté et Panafricanisme .© l’Académie des Sotigui

De plus, le projet bénéficie du soutien du Conseil National du Patronat Burkinabè Idrissa Nassa, parrain de la cérémonie, qui a encouragé la jeunesse à s’inspirer de ces figures.

En honorant des personnalités issues de divers domaines tels que la politique, l’économie, la culture, le sport, et bien d’autres, la Rue des Étoiles célèbre l’excellence et inspire l’avenir.


« Ouili », le temps d’un spectacle au Fespaco 2025

Le 29ᵉ Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) où près de 20 000 festivaliers sont annoncés à Ouagadougou, se déroule du 22 février au 1er mars sous le thème « cinéma d’Afrique et identités culturelles ». Le Tchad est le pays invité d’honneur.

La 29e édition du Fespaco se déroule sous le thème « cinéma d’Afrique et identités culturelles ». © Fespaco

Depuis le Sénégal, l’écran de l’ordinateur est devenu une fenêtre sur Ouagadougou. On pouvait être témoin de la cérémonie d’ouverture de la 29ᵉ édition du FESPACO à des centaines de kilomètres grâce à l’Internet.

Le spectacle « Ouili » (qui signifie lève-toi) mis en scène par Aristide Tarnagda, n’était pas qu’une performance artistique ; c’était un manifeste, un cri du cœur, un hymne à une Afrique qui refuse de ployer le genou, de gémir, de se résigner.

Cette chorégraphie en trois tableaux, ces voix qui s’élevaient. Elles chantaient pour une Afrique libre, une Afrique debout, une Afrique digne.

Iron Biby, le champion du monde de Log-lift, est apparu. À ses côtés, Gaston Kaboré, légende du cinéma burkinabè, témoignait de l’importance de la mémoire, du patrimoine culturel et de la transmission. Leurs présences symbolisaient à elles seules la puissance et la richesse de l’Afrique, une Afrique qui se raconte à travers ses héros contemporains.

Les chants parodiques se mêlaient aux danses chorégraphiques, soutenus par un orchestre qui rythmait la scène. La musique traditionnelle burkinabè de Zougnazagmda et la voix d’Awa Boussim avaient cette puissance de faire vivre une émotion au-delà des frontières.

Puis, les hommages. Thomas Sankara, Patrice Lumumba… des noms qui résonnent encore aujourd’hui comme des icônes de lutte et de dignité. Les voix leur rendaient hommage, rappelant à chacun d’entre nous le poids de leur héritage. On a ressenti un frisson en écoutant cet hommage posthume à Souleymane Cissé, le cinéaste malien décédé quelques jours avant l’événement. Son image projetée, un adieu qui n’avait rien de triste mais qui célébrait une vie dédiée au cinéma africain.

Depuis le Sénégal, on pouvait être témoin de cette communion, de cette célébration collective où enfants, femmes, hommes, anonymes et stars du 7e art africain se rejoignaient, le temps d’un spectacle. Le Capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, et le Maréchal Idriss Déby Itno, président du Tchad et invité d’honneur, étaient présents pour donner le clap de départ. Mais au-delà des officiels, c’est tout un peuple qui était debout, fier, digne.


Emma Rumpf, une artiste allemande éco-engagée au Burkina Faso

Organisée par le Goethe-Institut du Burkina Faso, l’exposition, intitulée « Dans l’intervalle, nous construisons nos maisons », rassemblait des artistes venus du Burkina Faso et d’Allemagne. L’exposition proposait une réflexion commune, un dialogue artistique, où chaque œuvre semblait tisser un fil entre les cultures et les expériences.

Parmi toutes ces créations, il y en avait une qui semblait plus marquante. Elle portait le nom d’Emma. En fait, c’était l’artiste elle-même qui portait ce nom, et son œuvre. Emma Rumpf est une artiste allemande éco-engagée. Sur son corps, elle portait une tenue entièrement confectionnée à partir de sachets d’eau récupérés dans les rues de Ouagadougou. Ces sachets, colorés et marqués des noms familiers des eaux du Burkina racontaient mille histoires : celles des mains qui les avaient tenus, des routes qu’ils avaient traversées avant de finir oubliés.

Chaque couture de son vêtement renfermait un secret. Emma y avait glissé des mots, mais ce n’étaient pas que les siens. Elle invitait les visiteurs à échanger leurs propres mots avec ceux de son habit, transformant ainsi une simple interaction un instant d’échange et de partage. Elle expliquait que son art n’était pas seulement une dénonciation du plastique jetable, mais une tentative de réconcilier l’humanité avec son environnement, de révéler la beauté cachée dans ce que nous considérons comme des déchets.

Son œuvre s’inscrivait parfaitement dans le thème de l’exposition : un espace où rien n’était figé, où les frontières entre le conscient et l’inconscient, l’art et l’espace, l’ami et l’inconnu s’effaçaient peu à peu. Chacune de ses créations, à base de sachets recyclés ou de bois d’eucalyptus, portait cette même vision : celle d’un art éco-responsable, d’un art qui se voulait dialogue autant qu’éveil.

Elle était là, non pour imposer son message, mais pour l’offrir, pour nous inviter à repenser notre lien avec le monde. À travers son geste artistique, elle donnait un nouveau souffle à l’idée même de maison : non plus un espace limité par des murs, mais un lieu de rencontre, un lieu partagé, où l’art devenait un point de départ pour construire autrement.

Emma était là, non pour imposer son message, mais pour l’offrir, pour nous inviter à repenser notre lien avec le monde. © Goethe Institut Burkina Faso

Ce jour-là, je n’ai pas seulement vu une exposition. J’ai rencontré une vision, un écho, un appel à construire différemment. Et dans cet intervalle, je me suis découvert, moi aussi, un peu chez moi. Évidemment, moi aussi, après avoir réalisé deux documentaires sur la protection de l’environnement, j’étais sans doute beaucoup plus sensible à sa création que celles des autres artistes.

L’exposition m’avait tellement marqué que je suis retourné le lendemain, dans l’espoir de la revoir et discuter avec Emma. Malheureusement, elle n’était programmée que pour cette soirée-là. Malgré tout, j’étais heureux d’avoir découvert l’œuvre d’Emma.


Porter la douleur : l’empathie en temps de crise au Burkina Faso

Christophe Sawadogo est un artiste Burkinabè qui a poursuivi ses études à l’université de Ouagadougou. Il a été marqué par l’influence des professeurs tels que Jean-Pierre Guingané et Raya Benjamen SAWADOGO . En arts plastique, Il a bénéficié du mentorat de Nicole Vincileoni. Sawadogo porte une vision artistique qui célèbre à la fois la beauté et la résilience.

Empathie, réalisé en 2024 par Christophe Sawadogo. © Christophe Sawadogo

Le tableau présente deux personnages dans une scène où l’un est porté dans les bras de l’autre. Celui qui est porté, peint d’un mélange de noir, jaune et rouge vif, incarne la douleur, la souffrance, et semble être au seuil de la mort. Quant à celui qui le soutient, il apparaît drapé dans une tunique bleue, croulant sous le poids de celui qu’il essaie de sauver. Son geste nous plonge au cœur d’un moment de crise, un instant intense de souffrance partagée. Ce tableau, intitulé Empathie et réalisé en 2024 par Christophe Sawadogo, transmet une émotion profonde à travers ce geste de solidarité dans l’adversité.

Les sentiments dominants qui émanent de cette œuvre sont la compassion et l’entraide symbolisées par l’effort surhumain de soutenir l’autre malgré le poids de la souffrance. Le personnage debout qui porte l’autre exprime une humanité inébranlable face à la détresse. D’autre part, celui qui est porté, dans sa douleur extrême, incarne la vulnérabilité d’une vie qui s’éteint.

Cette œuvre s’inscrit dans un contexte burkinabè marqué par une insécurité

L’artiste Sawadogo, touché par la crise qui frappe son pays, a voulu rappeler l’importance de l’empathie envers son prochain. Dans une société secouée par la violence, Christophe Sawadogo promeut à travers Empathie les valeurs d’intégrité, de solidarité, d’entraide et de cohésion sociale. Sa création n’est pas seulement une œuvre artistique, mais un acte de prise de position par rapport à la crise sécuritaire. C’est un engagement urgent face aux défis auxquels sont confrontés ses compatriotes. Il fait de cet instant suspendu un cri d’alerte, dans une situation de crise accentuée ici par l’utilisation des teintes vives comme le rouge et l’orange. Toutefois, au-delà de la douleur et du désespoir, le tableau laisse entrevoir une part d’humanité qui, même dans les moments les plus sombres, doit continuer de guider les populations menacées.

Une ambiguïté persiste dans la représentation des personnages : sont-ils humains ou hybrides ? Cette incertitude renforce la dimension symbolique de l’œuvre, confirmant l’idée que, dans l’adversité, la compassion, l’entraide et la nécessité de protéger la vie doivent transcender à la fois les apparences et les espèces. De plus, le fond vert, dans sa sobriété, crée un contraste déroutant avec les couleurs des personnages. Il rajoute un autre élément d’ambiguïté car il n’est pas clair s’il évoque une jungle sauvage ou un terrain de football. En l’absence d’autres éléments contextuels, cet arrière-plan ouvre à plusieurs interprétations possibles du cadre dans lequel cette scène dramatique se déroule.

Néanmoins, cette énigme renforce l’idée que la souffrance humaine ne connaît pas de frontières, qu’elle peut surgir aussi bien dans des espaces naturels que dans des lieux familiers du quotidien. Mais la réponse à cette violence comme l’indique le titre du tableau, doit toujours être l’empathie. La véritable force de l’œuvre réside non pas seulement dans la représentation de la violence, mais l’affirmation d’une humanité inébranlable face à celle-ci. C’est cette humanité qui transcende, éclaire et redonne un sens à l’ensemble de la composition.

Christophe Sawadogo est passionné de poésie et de calligraphie

Son œuvre offre une ouverture vers de nouveaux horizons. © Christophe Sawadogo

Travaillant chaque détail, il crée des atmosphères sereines, mêlant des encres jaunes soleil à des bleus profonds, des oranges chaleureux et des verts diaphanes. Son travail inclut également des toiles dont le fond évoque la croûte terrestre, sur laquelle se détachent des silhouettes oniriques. En suspendant le regard entre rêve et réalité, son œuvre offre une ouverture vers de nouveaux horizons.


Le prix Hackathon Archives – INA x Dakar Court 2024 : Un challenge remporté en équipe

Du lundi 09 au mercredi 11 décembre 2024, j’ai eu l’honneur d’être sélectionné pour participer au Prix Hackathon Archives – INA x Dakar Court 2024, organisé à l’Institut français de Dakar.

Ce hackathon a été conçu et organisé par le Festival Dakar Court 2024 et l’INA (Institut national de l’audiovisuel français), avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD).

Le Prix Hackathon Archives – INA x Dakar Court

Le Prix Hackathon Archives réunit des étudiants provenant de cinq écoles et formations : Centre Yennenga, Cinékap, EBAD, École Kourtrajmé Dakar, et Talents Dakar Court. J’ai représenté Cinékap, le centre d’où je bénéficie d’une bourse de formation en écriture de scénario et réalisation pour une durée de huit (08) à dix (10) mois. Pendant une journée et demie, les équipes ont conçu une vidéo destinée aux réseaux sociaux, en exploitant un corpus d’archives télévisuelles fournies par l’INA.

En lien avec le thème du festival, « musique et cinéma », tous les participants ont travaillé sur des vidéos mettant en avant deux figures emblématiques de la musique africaine : Miriam Makeba, chanteuse sud-africaine, et Doudou N’diaye Rose, percussionniste sénégalais.

Quatre équipes de quatre membres ont été formées. Chaque équipe comprenait des profils variés : documentaliste/archiviste, réalisateur, scénariste, et spécialiste de la postproduction. Cette mixité a permis un échange enrichissant entre écoles et formations d’origines diverses.

Les vidéos réalisées devaient répondre à ces exigences : Adhérer au format Instagram, utiliser tout ou partie des archives mises à disposition, inclure des éléments créés par les équipes (textes, vidéos, sons, éléments graphiques, etc.) et avoir une durée comprise entre 1 et 2 minutes.

Une expérience récompensée

L’expérience a été une belle opportunité pour moi de travailler avec des coéquipiers que je ne connaissais pas précédemment. Notre équipe, que nous avons baptisée « Angélique Kidjo » en hommage à la chanteuse béninoise, était composée de :

  • Hawa SANE (scénariste);
  • Khadidiatou DIEYE (réalisatrice);
  • Mansour SALL (documentaliste/archiviste);
  • Harouna NEYA (postproduction).

Nous avons conjugué nos compétences pour réaliser une vidéo sur Doudou N’diaye Rose intitulée : « Doudou N’diaye Rose : la voix de la percussion ». Ce travail d’équipe, réalisé dans un délai très serré, a été couronné de succès.

Une victoire pour l’équipe « Angélique Kidjo »

Lors de la présentation des vidéos, notre équipe a remporté le concours. Nous avons été sélectionnés par un jury composé de professionnels du secteur, qui a salué notre créativité et notre cohésion. En tant qu’équipe gagnante, nous avons été récompensés par l’INA, qui nous a offert :

  • Une place pour participer à un atelier de trois jours en 2025, dédié à l’éditorialisation et à la valorisation des archives audiovisuelles, d’une valeur de 13 040 €.
  • Un pack MediaClip d’une valeur de 525 € HT à utiliser sur le site mediaclip.ina.fr dans les 12 mois suivant l’inscription.

Ce hackathon a été pour moi une expérience tant sur le plan professionnel que personnel. Il m’a permis d’appréhender l’importance des archives dans la création contemporaine, tout en renforçant mes compétences en travail d’équipe et en production audiovisuelle. Je suis reconnaissant d’avoir pu participer à cette belle aventure.