Harouna Neya

‘’Fasotopia’’, nous sommes en 2075 au Burkina

Voilà une exposition qui vous donnera la profonde impression d’entrer dans le futur. A travers le projet PINAL, qui signifie EVEIL en langue fulfuldé, un collectif de commissaires d’exposition et d’artistes organise une exposition dénommée FASOTOPIA 2075.

C’est l’atelier international d’art visuel Daniel Burbeau de l’Espace Culturel Gambidi qui accueille cette impressionnante exposition qui demeurera jusqu’au 31 décembre 2022. Cette exposition multimédia a décidé d’interroger le futur au Burkina Faso. Et pour ce faire, les artistes ont travaillé de concert avec des enfants pour élaborer ensemble un récit qui suscite l’espoir.

Les artistes qui ont travaillé sur le projet ont exprimé leur vision du futur. Mouss Black, sculpteur sur le projet, dépeint l’équilibre social à travers ses œuvres. Léandre Guigma, architecte-Slameur représente aussi une ode au Burkina du Futur, 2075. Les enfants, quant à eux, ont traduit leur vision du futur à travers des dessins qui traduisent le développement et le progrès.

Pour les exposants, cette œuvre se veut comme une machine à voyager dans le temps. Fasotopia 2075 murmure à tout visiteur « si le présent est laid, ne te réfugie pas dans la nostalgie au passé, projette-toi dans le futur, pense le Burkina de tes rêves et fais-le advenir. »

Dans cette exposition, des visiteurs ont été particulièrement impressionnés par une œuvre photographique de Boureima Passéré. Il s’agit d’une femme représentant le futur, présentée comme la probable présidente du Burkina Faso en 2075. Elle, c’est son Excellence Madame Dicko Lobbo. « Cette photo a été un coup de poing dans la tronche des clichés » : dit Alceny Saidou Barry, l’un des curateurs de l’exposition.

Son Excellence Madame Dicko Lobbo, présidente du Burkina Faso en 2075.

C’est une exposition qu’il ne faudra surtout pas louper les gars ! Cela dit vous avez toujours le temps d’aménager votre programme afin d’effectuer votre voyage dans le futur du Burkina Faso de 2075.


Burkina Faso : les cultures fruitières menacées par le changement climatique

La culture fruitière au Burkina Faso constitue une activité très importante. C’est un puissant levier pour renforcer la sécurité alimentaire. Le karité, l’anacarde, la banane sont entre autre les fruits qui sont cultivés. La culture de la mangue représente à elle seule 60 % de la production nationale.

Pourtant, le changement climatique, additionné aux actions néfastes des ravageurs et maladies, freinent le développement de ce secteur d’activité. Parmi les fruits, la mangue est la plus touchée. Les insectes qui se développent avec le changement climatique, à cause de l’humidité, attaquent les mangues. Cela conduit ainsi à des pertes de récolte en quantité et en qualité des fruits. L’anthracnose, par exemple, est une maladie cryptogamique qui se développe quand l’humidité est très forte. Cette maladie cause la pourriture des mangues. Aussi, les insectes comme la mouche des fruits attaquent toutes les espèces fruitières, dont les agrumes, les goyaves, le karité, etc.

Aussi, on a la persistance des maladies comme le dessèchement du manguier qui se traduit par un dépérissement total de l’arbre dû à une infection parasitaire. Le résultat de cette maladie, ce sont les pertes en hectares de plantations qui occasionnent une baisse considérable de la productivité.

De plus, les aléas climatiques agissent de manière forte sur la productivité des fruits. Les saisons des pluies tardives ou insuffisantes impactent sur les fruits. Pourtant, la production de la mangue dure 3 à 4 mois. Lors du Maquis des sciences, tenu le 20 janvier 2021 à l’Institut français de Ouagadougou, Esther Diendieré, biochimiste, confie : « les producteurs font parfois des pertes de 100 %, en saisons pluvieuses« .

Les produits phytosanitaires dégradent les sols

L’autre cause, ce sont les actions des producteurs qui dégradent les sols. Les producteurs font parfois recours à des produits de synthèses qui agissent négativement sur la nature. L’utilisation de ces produits chimiques rendent les sols moins fertiles à la longue.

La sensibilisation des producteurs sur l’utilisation rationnelle de ces produits s’impose pour une productivité durable des sols. De même, la formation des producteurs doit être une priorité pour orienter ces acteurs vers des choix gagnants. « Les producteurs doivent rechercher les variétés de fruits qui résistent aux attaques des insectes et maladies« , conseille Dianda Zoéyandé Oumarou, biologiste.

Le choix du sol, la régénération des vergers, le choix de variété en fonction de l’objectivité de production, l’utilisation de bio pesticides sont entre autre les choix dont les producteurs ont besoin pour anticiper les pertes. C’est pour cela que les biologistes, agro-écologistes, phytopathologistes et autres spécialistes doivent trouver des occasions régulières pour partager les savoirs locaux avec les producteurs.


Le dessin de presse provoque le débat

Jeudi 22 octobre 2020 s’est tenu un débat d’idée à l’institut français de Ouagadougou. Ce débat organisé par le club RFI de Ouagadougou posait cette question : « le dessin de presse favorise-t-il le débat démocratique ? ». Ce thème a permis aux caricaturistes et journalistes de s’exprimer.

Ce débat d’idée du jour a permis au journaliste Boukary Ouoba du journal bimensuel Mutations, à Hamidou Zoetaba, caricaturiste à Fasozine et à Inter développement rural, à Sangaré Seydou, enseignant et caricaturiste indépendant, de débattre sur le thème. C’est Gabriel Kambou, journaliste, qui a modéré le débat. Tout en faisant des commentaires, il a permis aux participants de mieux s’imprégner du sujet du débat.

Boukary Ouoba a été le premier à s’exprimer sur le thème du jour. Pour lui, le dessin de presse est une forme d’expression et cela participe au débat démocratique. « Derrière un dessin de presse, il y a toute une réflexion ». Il poursuit en ces termes, « le dessin de presse, c’est mille mots ». Pour lui, le dessinateur de presse au Burkina doit avoir les mêmes prérogatives professionnelles que les journalistes. « Le dessinateur de presse doit avoir accès à la carte presse qui va lui permettre d’exercer librement son rôle qui est de dessiner l’actualité » va-t-il ajouter.

Les journalistes et caricaturistes donnent s'expriment sur le theme du jour
Les journalistes et caricaturistes s’expriment sur le thème du jour

Hamidou Zoetaba a, pendant son intervention, rappelé le rôle et l’importance que joue le dessin de presse dans la bonne gouvernance. Pour lui, le dessin de presse est fait pour critiquer et susciter des débats au sein de la société. « Le dessin de presse filtre tout » affirme-t-il.

Il a également partagé son expérience pendant le procès du putsch manqué de 2015. Lors des procès du putsch, les appareils de filmages ou d’engerbement étaient interdits. Cependant, seules les caricatures étaient de mises dans la salle de procès. Donc, pour lui en définitive, le dessin de presse participe au débat démocratique en ce sens ou « un seul dessin suffit pour qu’un débat soit houleux et bien animé ». Il a terminé son propos en rendant un hommage à ses collègues et amis de Charlie Hebdo assassinés pour des dessins de presse.

Les participants, dans leurs interventions ont trouvé que le dessin de presse est un moyen qui favorise le débat démocratique.

Sangaré Seydou a pour sa part souligné le rôle d’éveil et d’éducation que joue le dessin de presse. Il émet par contre des réserves quant à la question de tout dire. « Tout dépend de la société dans laquelle on vit, puisque certains sujets comme la religion seront toujours délicats » et d’ajouter que « je penche plutôt pour l’humour que les revendications crues ».

Hamidou Zoetaba confie ne pas faire de caricatures qui ont traits au sexe ou à la religion pour « des raisons de culture et d’éducation ». Enfin, Boukary Ouoba de conclure en ces mots « je suis à 100% contre les dessins de Charlie Hebdo mais je suis à 200% contre le fait qu’on tue pour des caricatures »


Les femmes aux platines

Le Disc-jockey ou Dj est un animateur qui sélectionne, diffuse et mixe de la musique à destination d’un public. C‘est un art qui demande énormément d’entrainement pour arriver à maitriser les fondamentaux techniques. Si le DJ’ing reste un métier dominé par les hommes, certaines femmes sont déterminées à trouver le moyen de braver le haut du pavé.

Faire du mix, du remix, du scratch, du break, créer du beat, ou encore avoir sa playlist, voilà des techniques à maîtriser pour faire du DJ’ing. Dans cet art nocturne souvent pratiqué par les hommes, les femmes ont-elles leur place ? En tout cas, le festival ABC (Africa Bass Culture), un évènement majeur de musique électronique au Burkina Faso, offre la platine aux jeunes femmes. En effet, quelques jeunes filles de Ouagadougou ont été sélectionnées pour apprendre les bases du DJ’ing afin d’avoir la chance d’animer des soirées dance floor.

Miss L-T est l’une des filles qui a été formée à la manipulation de la platine. Pour elle, les filles DJ doivent être appelées « DJette » pour faire la différence avec les Djs. A cela elle ajoute : « les femmes sont compétentes dans tous les domaines et nous ferons nos preuves dans le DJ’ing ».

Si Miss L-T est convaincue de la capacité des femmes à embrasser le métier, il faut cependant reconnaitre qu’une formation pratique reste indispensable. Par ailleurs, il faut avoir une bonne culture musicale. C’est ce qui va permettre de trouver son style, sa sensibilité musicale pour un public de plus en plus exigeant. «J’adapte ma playlist en fonction d’une soirée électro ou pool party» confie Miss L-T

Miss L-T scratch sa platine à la belle étoile à kamboinsin

La formation de DJ’ing initiée par Baara Musik s’est faite en cinq ateliers et ce, pendant trois jours. Même si le nombre de jour semble peu, l’essentiel a été retenu par les femmes qui ont été formées. Pour Jennifer OULE, une participante : « Pour faire un bon mix il faut d’abord avoir une bonne culture musicale ensuite savoir manipuler la platine, faire une playlist et connaitre le nombre de battements par minute ». Ces jeunes filles nourrissent déjà des rêves pour le métier, comme participer au festival nyege nyege en ouganda.


La vie autour d’un chantier d’ordures

À Saaba, la population vit au quotidien parmi des tas d’ordures.

Saaba est une commune rurale à proximité de la capitale Ouagadougou. C’est en plein milieu de la commune que se trouve un dépotoir qui perturbe le bien-être des populations.  Les habitants, et même les camions de la mairie y déversent les ordures. Dans ces tas, on peut percevoir des cadavres d’animaux, des restes de nourriture, d’où  dégage une odeur nauséabonde.

Aussi, les agents de la marie y mettent le feu lorsque les tas d’ordures atteignent un certain niveau. Le résultat, c’est une boule de fumée qui monte vers le ciel. Le vent la propage dans la commune, qui la transforme en une sorte de nuée. Les traces qu’elle laisse sont semblables aux murs d’une cuisine dans laquelle on utilise le bois de chauffe. La fumée noire et les odeurs qui se dégagent peuvent être  sources de maladies respiratoires et cardio-vasculaires. Les habitants de Saaba qui inhalent la fumée et les odeurs sont en proie aux maladies respiratoires.

L’autre conséquence environnementale de ces pratiques, c’est  leurs  effets sur  la couche d’ozone. La fumée noire qui se dégage est chargée de gaz carbonique. Ce dernier a un effet néfaste sur la couche.

Pauline, à l’image des femmes qui fouillent ce dépotoir, vit de la vente des sachets plastiques qu’elle collecte dans des bacs à ordures. Du haut de ses 65 ans, Pauline est la grand-mère d’une dizaine de rejetons. Pour s’en occuper, elle collecte les sachets, qu’elle revend à 110 f/kg. Ces lieux sont le plus souvent le milieu ou immergent de nombreuses maladies qui peuvent être contagieuses pour les membres de sa famille. « Une de mes collègues est tombée malade il y a deux semaines. Les gens disent qu’elle a contractée la maladie en travaillant ici » confie Pauline.

Il faut ajouter aussi que l’eau de pluie entraine des ordures résistant au feu vers les canaux d’évacuation d’eau. Les ordures les bouchent, créant parfois des inondations.

Aussi, un  fait marquant : le dépotoir est exposé à ciel ouvert sans grille de protection. De nombreux enfants se retrouvent ainsi souvent  pour  jouer ou pour rechercher de métaux. On est alors amené à s’interroger sur l’état de santé de ces populations dans 10 ans parmi, ces tas d’ordures, surtout si rien n’est fait.


Au Burkina Faso, le coronavirus aux oubliettes ?

La pandémie liée au coronavirus, survenue au Burkina Faso début mars 2020, connaît une baisse de cas. En revanche, ces derniers jours, 15 nouveaux cas signalés suscitent des interrogations. Y-a-t-il des cellules dormantes de contamination ? Y-a-t-il un relâchement de la population sur le respect des mesures barrières ?

Le réseau des club RFI du Burkina, dans ses activités de sensibilisations portées par le projet ANW KA KELE (notre combat), a pu observer sur le terrain un relâchement des mesures barrières. Port de masque (bien qu’obligatoire), dispositif de lavage des mains, distanciation sociale… Toutes ces mesures barrières ne font plus partie du quotidien des Ouagalais. Selon Hachim Abdallah Sanago, membre coordonnateur du projet, « les cas observés ces derniers jours sont dû en partie au relâchement des mesures de protections ».

Dans l’optique d’éviter un retour de la maladie, le club Rfi de Ouagadougou a mené une campagne de distribution de cache nez et de gel hydro alcoolique aux péages pour rappeler la population au strict respect des mesures barrières. Selon Moussa Traoré, directeur des programmes de la radio campus, « le relâchement est constaté à tous les niveaux. Par conséquent l’état doit insister sur le port obligatoire du masque pour éviter l’aggravation de la pandémie au Burkina Faso ».

Le club Rfi distribue des cache-nez et gel Hydro alcoolique

Les membres du club RFI ont aussi recueilli des témoignages qui laissent croire que pour une partie de la population, le coronavirus est une affaire déjà passée. Pour Boureima Zoundi chauffeur, « le coronavirus est fini ». A celui-là s’ajoute ceux qui remettent en cause l’existence même de la maladie.

Enfin, avec l’augmentation et l’importation des nouveaux cas ces dernières semaines, il est plus que nécessaire de rester prudent en observant toujours les mesures barrières. Le pire est toujours à craindre tant que la maladie n’est pas encore endiguée.


Le coronavirus libère le génie créateur des jeunes au Burkina Faso

La crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus change les habitudes de la population. Au Burkina Faso, la maladie continue de sévir. Le bilan du 5 juin fait état de 888 cas confirmés dont 765 guérisons et 53 décès au total.


Le déconfinement et l’allègement des mesures restrictives soulagent les populations dans leur activité. Mais les gestes barrières sont toujours d’actualité. Porter un masque, se laver les mains régulièrement au savon sont entre autres les gestes à observer pour éviter la propagation de la maladie à coronavirus. Depuis l’apparition de la maladie, les populations ne cessent de développer leur capacité de résilience pour s’adapter.

C’est dans ce contexte que certains jeunes ont développé des initiatives majeures pour venir en aide à la population et ainsi de lutter contre la covid-19. Parmi ces jeunes entrepreneurs, Issa Kouakou, ingénieur de formation et enseignant de technologie, est l’inventeur du respirateur made in Burkina.

Les appareils de Monsieur Kouakou aident les personnes infectées par le coronavirus à respirer. Ces appareils apportent de l’oxygène aux organes respiratoires des malades. De même que monsieur Kouakou, Abdoul Aziz sankara, jeune entrepreneur de 26 ans est l’innovateur du « yaar mobile » qui signifie marché mobile en langue locale. Aziz propose ses services de marché ambulant aux différents ménages de la ville de Ouagadougou. C’est un service proposé de porte à porte pour vendre des fruits et légumes frais. Il entend contribuer ainsi à lutter contre la covid19 et à de réduire les attroupements dans les marchés et « yaars ».

La série d’innovation continue avec Mohamed Bila, qui a décidé de mettre un système de désinfectant corporel automatique au service des populations. Ce pulvérisateur à la forme d’une cabine téléphonique, est alimenté par l’énergie solaire. Le système de l’appareil s’active lorsque l’on s’approche à un mètre et Cinq secondes suffisent pour se faire désinfecter intégralement à l’intérieur.  C’est un désinfectant destiné aux hôpitaux et contribue à limiter la propagation de la pandémie.

Georges Pitroipa quant à lui est le concepteur du lave- mains à pédale. C’est un système qui permet d’utiliser une pédale à pied pour faire pression sur le gel hydro-alcoolique et l’eau pour se laver les mains. Le dispositif permet d’éviter l’utilisation commune de gel ou de savon. Ces jeunes burkinabé qui innovent forgent l’admiration et témoignent du  génie créateur de la jeunesse africaine et donne l’espoir pour stopper la maladie à coronavirus.