Harouna Neya

Bevy, l’étoile montante qui a conquis mon cœur musical

Découvrir Bevy, c’est plonger dans un monde sonore d’une richesse inouïe, où chaque note révèle une palette émotionnelle d’une artiste émergente exceptionnelle.  Plus connue sous le nom de Nkeng Beverly Jaky Adèle, Bevy a façonné son identité musicale à travers une fusion d’héritage culturel et d’influences diverses.

Ma rencontre avec la musique de Bevy s’est faite grâce à une recommandation spéciale de Nadia Maba, une manager artistique basée au Cameroun. Nadia Maba, réputée pour dénicher des talents prometteurs, m’a assuré que Bevy était bien plus qu’une artiste, elle était une expérience musicale à part entière.

La passion précoce de Bevy pour la musique, transmise par sa mère, trouve son écho dans un kaléidoscope sonore où se mêlent les rythmes enivrants de la musique africaine à des nuances jazz, funk, disco, et RnB. Cette diversité musicale, reflet de son parcours, s’entrelace harmonieusement dans chaque composition.

Sa carrière professionnelle a débuté à l’âge de 15 ans, lorsqu’elle a intégré le groupe exclusivement féminin, Vip Click. Ensemble, elles ont livré le titre « Ne sais-tu pas » en 2009, une première étape qui a malheureusement connu sa fin après quelques années, faute de passion et de sérieux de la part de certains membres.

Le récit de Bevy sur la musique comme un exutoire pour exprimer ses émotions profondes résonne dans chacune de ses créations. « Être une enfant très réservée a fait de moi une personne très introvertie. L’unique instant qui me donnait de m’ouvrir au monde était le chant. Il me permettait d’être moi-même et de me découvrir« , confie-t-elle.

Son single,  » Amour toxique », est une brillante démonstration de son talent. Les influences afro-pop et RnB se marient avec subtilité aux sonorités du zouk, créant une expérience auditive captivante et originale.

En avant-première, Nadia Maba m’a partagé le dernier titre de Bevy, » Sans regret  ». Cette nouvelle création promet d’être une immersion encore plus profonde dans l’univers musical enchanteur de Bevy.

En tant qu’auditeur, je suis conquis par la façon dont Bevy transforme des émotions complexes en mélodies accrocheuses. Sa musique transcende le simple divertissement pour créer une connexion authentique. Bevy se profile comme une artiste qui dépasse les frontières culturelles, offrant une expérience musicale qui trouve écho dans l’universalité des émotions humaines. À suivre attentivement, cette étoile montante promet de nous emporter encore plus loin dans son voyage musical captivant.


Lassane Congo : « La jeunesse actuelle contribuent à placer le Burkina Faso comme le berceau de la danse contemporaine en Afrique »

Entretien avec Lassane Congo, chorégraphe et enseignant au Centre de développement chorégraphique (CDC) La Termitière. Il joue un rôle essentiel en tant que formateur d’assistants culturels et encadreur de troupes, faisant de lui une figure incontournable du paysage chorégraphique au Burkina Faso. De plus, en tant que formateur, il a contribué à la formation de Salia Sanou et Serge Aimé Coulibaly, deux danseurs et chorégraphes éminents. Notre rencontre a eu lieu dans cadre de la 14e édition du festival Dialogue de Corps, où nous avons eu l’opportunité d’échanger.

Le festival chorégraphique international dialogues de corps est à sa 14e édition en 2023. Quel bilan faites-vous de toutes ces éditions ?

Le Festival dialogue de corps, qui célèbre ses 14 ans, a eu un impact significatif et inspiré plusieurs pays à mettre en place des festivals et à créer des écoles de danse. Cette influence s’étend au Mali avec la création d’écoles de danse, au Sénégal, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Niger. Une véritable prise de conscience émerge. C’est un mouvement dynamique en Afrique. Cela me rappelle les mots de Nazi Boni dans « Les crépuscules des temps anciens » : une Afrique s’en va, et une nouvelle Afrique est en train de naître. J’ai foi en cette jeunesse africaine. Elle est puissante et créative, proposant quotidiennement des initiatives positives qui contribuent à l’évolution de notre art.

En quoi, la danse contemporaine ou un festival comme dialogue de Corps peut-il être une solution dans la gestion de la crise sécuritaire au Burkina Faso ?

Dans ce contexte sécuritaire contraignant, certains invités ont dû décliner leur participation au festival Dialogues de corps 2023. Malgré cela, des initiatives nationales se déploient. Récemment, j’ai soutenu l’équipe du Centre de Développement Chorégraphique (CDC) à Djibo, travaillant avec des réfugiés pour insuffler l’espoir et ramener une lueur de vie dans les camps. Lors de la 3e session, nous avons introduit quelques participants à la danse, qui serviront ensuite de passerelle pour transmettre cette expérience.

Il est essentiel de comprendre que le contemporain trouve ses racines dans le traditionnel. Chacun, en fonction de sa culture, peut proposer un schéma pour se rassembler. De plus, un accompagnement médiatique est nécessaire pour faire comprendre que notre intention n’est pas de rechercher le spectaculaire, comme beaucoup le pensent, mais de présenter une forme de poésie. La poésie peut toucher tout le monde, et c’est vers cela que nous devons tendre dans notre démarche. Nous avons mis en place des programmes où nous nous rendons dans les prisons pour offrir des spectacles, afin que cela ne soit pas perçu comme réservé à une élite.

Je préfère parler de création chorégraphique. Ce concept a été utilisé avec succès lors de la Semaine Nationale de la Culture (SNC), où la catégorie est désignée « création chorégraphique ». L’idée est de s’inspirer des valeurs traditionnelles pour créer des mouvements abstraits, proposer des thèmes et développer des chorégraphies. Actuellement, le contemporain est parfois perçu comme étranger, associé à une influence étrangère. Pour moi, toute danse, toute expression artistique, devrait être une poésie universelle, accessible à chacun, indépendamment de toute connotation culturelle.

Comment percevez-vous les créations chorégraphiques actuelles au Burkina Faso ?

Nous sommes sur la bonne voie, et en tant que pionnier, j’ai contribué à transmettre notre savoir à la nouvelle génération qui, aujourd’hui, excelle. Des groupes burkinabè parcourent le monde, offrant des spectacles de qualité. Certains sont aux États-Unis, en Europe, partout. La jeune génération offre des créations audacieuses et novatrices, osant explorer de nouvelles perspectives. La création artistique émane de l’expression du subconscient et de l’expérience personnelle, loin de l’imitation ou de la reproduction. Il est essentiel de laisser l’inspiration guider le processus, en mettant en avant son vécu pour rendre la création authentique. S’immerger dans l’univers de l’enfance, explorer les contes entendus, sont des sources magiques qui enrichissent notre démarche artistique. Lorsqu’on analyse le corps humain, on découvre une symétrie parfaite, une base idéale pour décomposer et créer des situations singulières. Le fondement de la création chorégraphique repose sur un thème, même abstrait. Les talents émanant de la jeunesse actuelle sont remarquables, et ils contribuent à placer le Burkina Faso comme le berceau de la danse contemporaine en Afrique. Il est important de reconnaître que cette influence ne se limite pas à notre pays, mais rayonne à l’échelle du continent africain.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se forment à la danse contemporaine au Burkina Faso. Pourtant ils n’existent pas un marché réel d’emploi.  Selon vous quelles sont les perspectives d’avenir pour ces jeunes ?

Effectivement, Serge Aimé Coulibaly a lancé une excellente initiative intitulée « Africa Simply the Best », encourageant les danseurs à présenter des solos. Un jury sélectionne les meilleures performances, les propulsant ensuite lors de tournées à l’étranger pendant 3 à 6 mois, offrant ainsi une vitrine internationale. C’est une démarche louable. D’un autre côté, Salia Sanou a formé son propre groupe, actuellement acclamé aux arènes, avec de nombreux danseurs du CDC en tournée en France. Cette approche vise à stimuler leur croissance et à les responsabiliser en entrant en contact avec d’autres artistes. Nous aspirons à promouvoir ce que nous possédons, notre identité. Il est crucial de partir de nos musiques, de nos instruments décomposés, afin de trouver l’atmosphère et la couleur qui s’harmonisent avec la création chorégraphique. L’objectif est de ne pas se limiter à rechercher des éléments sonores pour le simple bruit, mais de valoriser authentiquement notre patrimoine musical dans la conception des spectacles.

Qu’est ce qui peut expliquer le manque de public aux différents spectacles de créations chorégraphiques ?

La danse, c’est un peu comme le festival de la sortie des masques. Le public n’est pas massif, principalement constitué des villageois qui se connaissent et se réunissent. Les étrangers sont peu présents, même parmi les intellectuels locaux, rares sont ceux qui s’impliquent. En quelque sorte, nous refusons d’embrasser pleinement notre identité culturelle. Une barrière se crée entre nous et nos traditions, car certains estiment que leur niveau intellectuel et d’analyse est trop élevé pour s’intéresser à cela. Même si l’on pense que cela n’intéresse que les étrangers, il est crucial de comprendre que les étrangers sont aussi humains, et donc, cela devrait également nous intéresser. Certains considèrent même le bâtiment du CDC comme une initiative étrangère. Nous devons cultiver l’audience, comme le Carrefour International de Théâtre de Ouagadougou (CITO), qui maintient un programme d’un mois de spectacles, démarrant à l’heure indiquée, même s’il n’y a que 20 spectateurs. Par le bouche-à-oreille, les gens relayent l’information, et le public afflue.

Tout compte fait, Il est important d’apporter des améliorations nécessaires pour susciter une plus grande adhésion du public burkinabè. Une approche culturelle sera mise en place pour aller à la rencontre du public. C’est un défi que nous devons relever pour faire évoluer notre culture artistique locale.


Plongée Intime dans l’Univers de l’Assainissement : La Projection de nos Documentaires en Avant-Première Nationale

En collaboration étroite avec la Direction générale de l’Assainissement des Eaux Usées et Excrétas (DGAEUE), Niyel a eu l’honneur de présenter en avant-première nationale nos documentaires sur l’assainissement. Cette première nationale s’est déroulée dans la grande salle de conférence du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) le jeudi 23 novembre, à l’occasion de la Journée Mondiale des Toilettes (JMT).

Après la projection de nos films lors du 21e Congrès et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de la 7e Conférence Internationale sur la gestion des boues a eu la présence de décideurs régionaux le 21 Février 2023 à Abidjan, Niyel a eu l’honneur de présenter en avant-première nationale nos documentaires sur l’assainissement.  Ces œuvres cinématographiques mettent en lumière l’importance cruciale de l’assainissement dans nos communautés et nos villes.

Mon documentaire, intitulé « Où Vas Ton Caca? », ainsi que le film « Pas de Petit Coin Chez-Moi » de Sonia Loyara, ont été projetés lors de cet événement significatif. Ces films, fruit de mois d’investigation et de création, offrent un regard authentique et puissant sur les défis et les solutions liés à l’assainissement dans notre société.

« Où Vas Ton Caca? » plonge le spectateur dans une exploration visuelle et narrative, soulignant l’urgence de repenser nos pratiques quotidiennes en matière d’assainissement. À travers des images saisissantes et des témoignages poignants, le documentaire se veut être une contribution significative à la sensibilisation du public sur cette question cruciale.

De même, « Pas de Petit Coin Chez-Moi » de Sonia Loyara offre une perspective intime sur le vécu des individus face aux réalités de l’assainissement. Le film explore l’impact de l’accessibilité aux installations sanitaires sur la vie quotidienne des personnes, mettant en lumière des histoires souvent négligées.

La collaboration avec la DGAEUE a été essentielle pour donner à ces documentaires une plateforme nationale lors de la Journée Mondiale des Toilettes. Cet événement a permis de réunir des experts, des décideurs, et le grand public autour d’une réflexion commune sur l’importance de l’assainissement dans notre quotidien.

 Cette avant-première nationale représente un moment fort de notre engagement en faveur de la sensibilisation sur l’assainissement. En tant que réalisateur de « Où Vas Ton Caca? », cette expérience renforce ma conviction que le cinéma documentaire peut être un puissant vecteur de changement social. Je suis ravi de contribuer à cette conversation cruciale et de continuer à explorer les enjeux liés à l’assainissement à travers l’objectif de ma caméra. Restez à l’écoute pour la sortie officielle de ces documentaires, car ils sont destinés à susciter une réflexion profonde et à inspirer des actions concrètes dans notre communauté.

En rappel, les documentaires ont été réalisés dans le cadre du programme clap Assainissement, une aventure qui a commencé en 2022. Faire de l’image un outil de plaidoyer en faveur d’un meilleur assainissement pour tous ! C’est l’objectif visé dans le cadre du programme « Clap Assainissement » initié par l’agence internationale Niyel en collaboration avec la réalisatrice burkinabè Apolline TRAORÉ. Au Total,  9 jeunes cinéastes de l’Afrique francophone ont bénéficié d’un appui financier et d’un encadrement sur les différentes étapes de la production audiovisuelle pour réaliser chacun un court-métrage documentaire sur le thème « Raconte-nous ton histoire de l’assainissement ».


Mon projet documentaire ‘’Mottes de terre’’ est lauréat de science film festival 2023

C’est avec une immense joie et une profonde gratitude que je partage la nouvelle de ma réussite en tant que lauréat du projet de film documentaire scientifique 2023, initié par le Goethe-Institut Burkina Faso et l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Mon projet, intitulé « Mottes de Terre », a été sélectionné parmi les propositions soumises, marquant ainsi le début d’un voyage passionnant dans le monde du cinéma scientifique.

L’appel à proposition de projet de film documentaire scientifique, lancé par ces deux institutions renommées, a ouvert une porte exceptionnelle pour mettre en lumière la recherche scientifique au Burkina Faso. En tant que lauréat, je ressens une responsabilité accrue de contribuer à la vulgarisation de ces connaissances riches et souvent méconnues du grand public.

En acceptant ce prix, je me sens investi d’une mission importante. Mon projet « Mottes de Terre » a pour ambition de plonger le spectateur dans le monde fascinant de la recherche scientifique au Burkina Faso.  Le projet ‘’Mottes de Terre ‘‘ offre des solutions pratiques pour lutter contre deux problèmes cruciaux : la surutilisation des sachets plastiques et l’adaptation au dérèglement climatique. Dr. Lassina a eu l’idée brillante d’utiliser des mottes de terre comme alternative aux sachets plastiques pour cultiver des plantes dans un climat semi-aride.

Le projet « Mottes de Terre » que je m’apprête à concrétiser s’inscrit dans le cadre du Science Film Festival, une célébration mondiale de la communication scientifique. Cette initiative, menée en coopération avec des partenaires locaux, vise à encourager la culture scientifique et à sensibiliser le public aux enjeux scientifiques, technologiques et environnementaux contemporains à travers des films internationaux accompagnés d’activités pédagogiques.

L’objectif de cet appel à propositions est double : non seulement il offre une plateforme pour les cinéastes et créateurs de contenu scientifique au Burkina Faso, mais il cherche également à valoriser les résultats de la recherche scientifique. Souvent riche en découvertes et en avancées, cette recherche reste parfois méconnue du grand public. Mon engagement en tant que lauréat est donc de contribuer à combler cette lacune en créant un documentaire qui démystifie et rend accessible ces connaissances.

En tant que lauréat du projet de film documentaire scientifique 2023, je suis honoré de faire partie de cette initiative qui célèbre la communication scientifique et qui contribuera à la valorisation de la recherche au Burkina Faso. Je m’engage pleinement à relever ce défi avec passion et détermination, et j’ai hâte de partager « Mottes de Terre » avec le public, contribuant ainsi à l’essor de la culture scientifique dans notre communauté.


Le prix No’ocultures de la critique d’art en Afrique

Mon article, intitulé « Une vision de la Jeunesse de Johannesburg : Exploration d’une génération connectée et engagée », a été honoré du prix d’encouragement du jury au concours prix No’ocultures de la critique d’art en Afrique ce 02 décembre 2023. Cette reconnaissance vise à m’encourager dans le développement d’un style particulier et plus approfondi.

Après avoir mis en lumière le cinéma, la musique et la littérature respectivement en 2020, 2021 et 2022, le focus de cette année était la photographie. L’association Nord ouest cultures en partenariat le réseau panafricain CRITIQUES AFRICAINES, GOETHE-INSTITUT JOHANNESBURG, LES ATELIERS SAHM et la plateforme d’art contemporain OBATALA, a permis de s’exprimer au cœur de cette discipline artistique.

Présidé par Carolin CHRISTGAU (Allemagne / Afrique du Sud, Goethe-Institut Johannesburg), le jury, composé de Hanou AMENDAH (Togo / Royaume-Uni, www.obatala.co.uk) et de Pierre-Manau NGOULA (Congo Brazzaville, LES ATELIERS SAHM), a décerné un prix d’encouragement à mon article, soulignant ainsi son impact et son approche unique.

Suite à ma participation à la 4è édition du Prix de la critique d’art en Afrique, j’ai proposé une critique journalistique de la série photographique #i de la photographe sud-africaine Jodi Bieber.

La série est composée de portraits, de photographies prises par les jeunes participants eux mêmes, ainsi que des mots choisis par ces jeunes pour exprimer leurs visions de l’Afrique du Sud. Ces photographies et mots sont ensuite combinés aux portraits pris par Jodi Bieber. La série photographique intitulée « #i », réalisée par la photographe sud-africaine, Jodi Bieber, met en lumière les visions des jeunes de Johannesburg âgés de 15 à 23 ans. Ces jeunes n’ont pas connu l’apartheid et ont donc des attentes différentes de celles de leurs parents.

Recevoir ce prix va bien au-delà de la simple reconnaissance. C’est une validation de ma perspective unique et de ma capacité à capturer l’essence même de la jeunesse contemporaine. Ce prix d’encouragement représente également une incitation personnelle à continuer à développer un style particulier et plus approfondi, encourageant ainsi ma créativité et mon originalité dans le domaine de la rédaction.

En tant que critique d’art du Burkina Faso, je ressens une immense gratitude pour cette opportunité de transcender les frontières culturelles et géographiques à travers mes mots. Mon article offre une fenêtre fascinante sur la vie des jeunes à Johannesburg, tout en ouvrant un dialogue essentiel sur les enjeux qui façonnent cette génération moderne.

Ce prix d’encouragement va au-delà d’une simple récompense ; c’est une reconnaissance de l’impact que ma voix peut avoir sur la compréhension mutuelle entre les cultures et sur la promotion d’une jeunesse mondiale connectée et engagée. Cette distinction souligne l’importance de donner la parole à ceux qui peuvent véritablement inspirer le changement et susciter la réflexion.

En conclusion, ce prix d’encouragement souligne non seulement la qualité de mon travail, mais aussi mon rôle en tant que voix influente dans la narration des histoires qui transcendent les frontières. Mon article, « Une vision de la Jeunesse de Johannesburg », restera une pièce maîtresse dans la compréhension de cette génération connectée et engagée. Ce prix confirme que mon talent mérite d’être célébré et encouragé pour les années à venir, et je suis prêt à poursuivre ce voyage littéraire avec passion et détermination.


Les concerts dansés

‘’Les concerts dansés’’, une initiative novatrice conçue par deux artistes aux disciplines distinctes, Patrick Kabré et Jean Robert Koudogbo-Kiki ( Robbi), ont été introduits pour la première fois au Festival Chorégraphique International Dialogue de Corps le 12 décembre 2023 à 22 heures.

Lors de cette soirée captivante, le public s’est installé progressivement en anticipant un spectacle plein de surprises. La scène était ornée d’un portemanteau avec des vêtements aux multiples couleurs, d’un canapé rouge bordeaux bordé de rayures blanches en fond de scène, et d’une installation de l’arsenal musical du côté jardin. Patrick a inauguré le concert avec sa musique, bientôt rejoint par Robbi, vêtu d’une cagoule noire, utilisant ses talents de danseur chorégraphe en harmonie avec les mélodies proposées. D’autres danseurs ont également rejoint la scène. Ensuite, c’est Doueslik, le slameur et architecte de la pensée, qui a pris le micro accompagné de Naomi, danseuse et chorégraphe. Le spectacle a duré environ 1h30, transportant le public dans un univers unique.

L’origine du concept des « concerts dansés » ou encore « Le salon » remonte au concert de Patrick Kabré à Bobo-Dioulasso. Robbi, initialement dans le public, a spontanément rejoint la scène en tant que danseur, laissant place à une superbe improvisation. L’idée a émergé après que le public se soit interrogé sur la préparation de cette intrusion. Une répétition de cette action a confirmé l’accord entre les deux artistes pour transformer cette expérience en un projet explorant l’inconnu.

Les artistes mettent en avant l’aspect improvisé de leurs concerts, soulignant qu’ils créent un spectacle sur le moment. Cette spontanéité se traduit par une diversité de versions, chaque représentation étant unique. « Nous nous présentons toujours en improvisation, ce qui signifie que nous élaborons le spectacle spontanément. Si nous devions jouer du lundi au samedi, nous aurions six versions différentes » : confie Robbi.  L’écoute mutuelle entre Patrick en tant que musicien, et Robbi en tant que chorégraphe et interprète, est la clé de cette collaboration. Ils cherchent à s’influencer mutuellement, fusionnant la danse et la musique dans un dialogue créatif. « Tout commence par l’écoute. En tant que danseur, chorégraphe et interprète, j’essaie de l’influencer à travers ma danse, tandis qu’en tant que musicien-performeur, il cherche également à m’immerger dans son univers ». Indique-t-il

 Le concept du « salon » a été choisi comme point de départ, avec ses éléments emblématiques tels que le canapé, le portemanteau, la télévision, la radio, symbolisant des événements de la vie. Chaque changement de manteau devient un moment significatif, intégré à l’histoire qui se déroule sur scène. La cagoule noire portée par Robbi évoque le thème du terrorisme et de l’égarement, ajoutant une dimension narrative à leur performance.

Le « salon » offre une diversité d’histoires potentielles, symbolisant un espace où des événements significatifs peuvent se produire. Ainsi, chaque concert devient une occasion de revisiter ce concept, offrant une expérience renouvelée à chaque représentation. L’identité centrale demeure le « salon ».

Patrick Kabré et Robbi aspirent à faire voyager leur concept de « salon » à travers le monde. Ils se préparent activement pour une résidence de deux semaines, explorant de multiples pistes d’improvisation afin d’approfondir et d’élargir leur performance artistique.


‘’Contenu vide’’ au Festival dialogues de corps

Le Festival chorégraphique international Dialogues de corps se tient du 09 au 16 décembre 2023 à Ouagadougou sous le thème « Une histoire de corps ». Pour cette 14e édition, le spectacle « Contenu Vide » à été présenté. Une chorégraphie de Lassina Koné interprétée par Makan Gaoussou Coulibaly.

Le danseur apparaît vêtu de bleu, fixant le public avec un air accusateur. Des barriques peintes en rouge sont disposées de part et d’autre de la scène. Sous l’accompagnement musical, il évolue autour des barriques, semblant fusionner progressivement avec elles. Tour à tour, il les enroule autour de lui, les enlace, ou les empile. Le spectacle devient une lutte perpétuelle, symbolisant les hauts et les bas de la vie, une lutte infinie pour un monde en déséquilibre.

Lassina Koné, concepteur du projet  » contenu vide », contribue au développement de la recherche et de la connaissance dans les domaines des danses maliennes, africaines et contemporaines, transmettant son savoir au niveau national et international.

« Avec cette création, je veux quitter l’espace de la représentation, décoloniser les imaginaires en n’expliquant pas au public ce qu’il est en train de voir. Je veux qu’il expérimente avec moi cet espace-temps, cette rencontre », confie Lassina Koné. « Contenu Vide » est un spectacle de 35 minutes développé au laboratoire de recherche Don Sen Folo-Lab pendant une période de six mois. « Avec ce spectacle, je recherche la forme et l’équilibre. Le plus important, c’est le côté architectural de la matière avec le corps et ce que ça donne comme résultat », ajoute-t-il.

Pour Lassina Koné, si la création artistique doit être libératrice, préparer le spectateur à comprendre ce que l’on veut dire est déjà colonisateur. « Contenu Vide » est un spectacle qui n’a ni contenus ni d’explications à donner. On laisse la liberté au public de venir rêver.  Pour lui, la création artistique n’est pas destinée à tout le monde, mais à ceux qui en ont besoin et qui en seront transformés.

L’interprète du spectacle , Makan Gaoussou Coulibaly, a eu un mois et une semaine de préparation seulement. « En tant qu’interprète, ce spectacle exprime pour moi les épreuves de la vie. On naît, on grandit, et à chaque étape de la vie, il y a des épreuves à surmonter », partage-t-il. « Nous sommes sur le chemin de la décolonisation. Et pour cela, il faut prendre des risques », affirme-t-il.

Lassina Koné travaille actuellement sur une nouvelle création avec trois danseurs, intitulée « D’une Rue de Bamako ». Ce projet explore comment une rue à Bamako peut s’inviter dans d’autres rues à travers le monde.


Les Journées Théâtrales de Carthage 2023 : Une performance de danse au Théâtre Le mondial

Le spectacle « Afrikan Party » de l’Espagne a été présenté à la salle de théâtre Le Monde le 04 décembre 2023 à l’occasion des Journées Théâtrales de Carthage. Ce spectacle a laissé une forte impression.

Nous sommes le lundi 04 décembre 2023, il est 17h45. À l’entrée du théâtre Le Monde, des spectateurs de divers horizons se rassemblent. En groupe ou en couple, des discussions animées se déroulent à voix basse entre les voisins. Pendant ce temps, d’autres, la tête baissée, sont absorbés par leurs téléphones.

À 18h, le public entre en file indienne dans la salle. Il faut environ 30 minutes pour que le public s’installe, et les lumières de la salle s’éteignent progressivement. Soudain, une lumière frontale jaillit sur le public. Aucun acteur n’est encore sur scène. Comme par magie, cette lumière s’éteint pour laisser place à une douche froide sur un comédien torse nu, vêtu d’un short de boxe, la main droite bandée, des chaussures noires et des chaussettes noires. Aux premières notes de la musique, il capte toute l’attention. Les discussions, les téléphones et autres distractions s’estompent. Tous les yeux sont désormais rivés sur lui. Il enchaîne des mouvements brusques, des torsions et des contorsions, laissant transparaître ses talents acrobatiques. Deux autres comédiens rejoignent la scène, et la lumière se fait sur eux. À présent, ils sont trois sur scène, et cela durera environ une heure.

Ensemble, ils exécutent une chorégraphie de danse tout au long du spectacle, réalisant des figures assez complexes, comme s’ils étaient habités par une force surnaturelle. Dans cette chorégraphie minutieusement exécutée, ils déploient une énergie incroyable. N’hésitant pas à sauter de la scène pour se rapprocher du public, ils cherchent à transmettre leur passion. Regroupés ou dispersés, ils exécutent des acrobaties et des pirouettes, détenant visiblement les secrets de ces mouvements. Ils chantent, dansent, crient parfois.

Un autre aspect remarquable est le changement de costume à un moment donné du spectacle. Ils revêtent des tenues multicolores, défilant et dansant ensemble comme à un défilé de mode. Très enthousiastes devant ce spectacle captivant, les spectateurs applaudissent après chaque tableau. Ils restent collés à leurs sièges jusqu’au dernier acte de ce spectacle, la pression restant constante du début à la fin.

A la sortie, certains entonnaient toujours la dernière phrase du spectacle « You you you you ».


Yaya Coulibaly, le marionnettiste Malien : « J’ai dédié ma vie à la préservation de notre patrimoine »

Yaya Coulibaly, le marionnettiste Malien a été honoré pour son travail exceptionnel dans l’art théâtral, pour sa vision artistique et son engagement envers la préservation de l’art traditionnel lors de la cérémonie d’ouverture de la 24e édition des journées théâtrales de Carthage à Tunis, le 2 décembre dernier. Nous l’avons rencontré pour explorer sa vision envers la préservation de cet art traditionnel.

Vous avez été honoré pour votre travail et votre engagement envers la préservation de l’art de la marionnette. Que représente cette reconnaissance pour vous ?

Pour moi, recevoir cette reconnaissance lors des Journées Théâtrales de Carthage de mon vivant constitue une chance extraordinaire, une opportunité de réfléchir sur le sens de ma vie et de constater que j’ai vécu pour une cause. Parfois, face à une telle situation, il peut être difficile de trouver les mots justes. Je tiens à affirmer sincèrement que ce succès est le résultat d’un travail bien mérité. Cette réalisation revêt une importance capitale. Accorder des hommages de son vivant est une rareté, surtout lorsque je pense à la plupart des hommages rendus lors des journées théâtrales de Carthage, qui sont généralement à titre posthume.

Je considère que ce prix couronne un parcours marqué par la persévérance, l’assiduité, et symbolise également une récompense de l’espoir. Mon vœu le plus cher est que ce prix puisse unir les cœurs des jeunes Africains et valoriser l’âme des peuples du Sahel. Je souhaite mettre ce prix au service de nos gouvernements afin de contribuer à l’émergence de nos sociétés. Je le dédie à ma famille, à ma femme, à mes enfants, à l’ensemble du peuple malien, à tous les peuples africains, à toutes les nations du monde aspirant à la paix et à la justice.

Mon souhait le plus ardent est que ce prix serve de lueur d’espoir, où tous les enfants de la terre pourront s’asseoir, se regarder, se pardonner, et se donner la main dans un élan de solidarité. Chacun de nous peut contribuer au développement de notre univers. Que cette récompense serve d’exemple inspirant à la jeunesse, qu’elle puisse stimuler et ouvrir la voie à d’autres lauréats, car cela dépasse les frontières de l’Afrique et du monde arabe. Il s’agit d’un prix universel, porteur d’un message de paix et de justice pour l’humanité.

Quels ont été les défis les plus importants que vous avez rencontrés en tant que marionnettiste, et comment les avez-vous surmontés ?

J’ai dédié ma vie à la préservation de notre patrimoine, sacrifiant chaque instant pour contribuer à l’émergence de la diversité culturelle africaine dans toutes ses expressions. J’aurais pu choisir la voie de l’intellectualisme ou du bureaucratisme, des chemins plus conventionnels, mais j’ai délibérément refusé. Ces choix vont à l’encontre du véritable développement, selon moi.

Depuis ma tendre enfance, ma vision a été de m’investir pleinement pour valoriser notre héritage, pour célébrer ce que nous possédons en tant que peuple et les richesses que nous sommes en mesure de partager. Mon credo a toujours été le partage, à l’instar de l’or, du pétrole, du diamant, et d’autres ressources que l’on peut distribuer. Cependant, la seule possession véritablement unique que nous détenons est notre culture. C’est une culture ancestrale, originale, une source d’identification et d’émergence, une force qui a constamment propulsé nos peuples sur l’échiquier international.

La défense de ce patrimoine requiert des sacrifices considérables, et j’ai consenti à d’innombrables efforts en ce sens. Chaque épreuve sur cette route était un investissement en faveur de la préservation de notre identité culturelle. Ma conviction profonde est que ce patrimoine soit non seulement notre héritage, mais aussi le catalyseur de notre rayonnement mondial. Au prix de mille sacrifices, je m’engage à défendre cette cause, car notre culture mérite d’être célébrée, préservée et partagée avec le monde.

Quel est votre lien de base avec l’art de la marionnette ?

J’ai hérité de mon père la maîtrise du théâtre de marionnettes, une tradition familiale ancrée depuis le XIe siècle. Les marionnettes, c’est la victoire de la vie sur la mort. À travers elles, nous pouvons exprimer nos sentiments les plus vifs, les plus profonds. Au Mali, la marionnette est vénérée comme un être vivant. Lorsqu’elle est trop endommagée pour être réparée, elle a droit à des funérailles respectueuses. Chaque marionnette possède sa propre musique, sa danse, son chant, créant ainsi une diversité artistique empreinte de tradition et de symbolisme.

En quoi l’art de la marionnette peut-il être un moyen de renforcer le tissu social et culturel d’une société ?

En mai 2024, nous organiserons la première édition d’un festival extraordinaire, le Festival International Sogobo, qui se tiendra à Bamako. Je vous invite tous à y participer afin de mettre en lumière la place de l’art de la marionnette dans la résolution des conflits. À la fin de cet événement, chacun emportera une leçon sociale permettant d’éviter certaines erreurs. Le monde est fait de hauts et de bas, mais capitalisons sur la vie et célébrons-la ensemble. Empruntons ce qui est positif à gauche et à droite, unissons nos forces pour construire la vie. Les marionnettes sont constamment dirigées par des personnes ressources, celles qui possèdent une connaissance approfondie de l’histoire des entités et des codes de la vie. Si je devais refaire cette expérience, je m’y engagerais sans hésitation. C’est un acte de transmission, et nous devons nous atteler au travail avec acharnement. Un peuple qui ne souffre pas ne peut pas avoir d’histoire. Vive la culture universelle !


« 220 Logements » : Une comédie musicale Ivoirienne à la 24e édition des Journées Théâtrales de Carthage 2023

Le 5 décembre 2023, le rideau s’est levé sur « 220 Logements », une pièce de théâtre présentée à la 24e édition des Journées Théâtrales de Carthage. Sous la direction éclairée du dramaturge ivoirien Souleymane Sow, cette œuvre offre une plongée profonde dans les années tumultueuses de la Côte d’Ivoire, marquées par des événements poignants tels que la crise politique, la disparition du président Houphouët Boigny et les tensions liées à l’ivoirité.

Dès que les spectateurs prennent place, une lumière tamisée enveloppe la scène, accompagnée de la musique d’Ernesto Djédjé, une véritable légende de la musique ivoirienne. Le public est transporté dans les années 90 de la Côte d’Ivoire, où les acteurs, dispersés parmi les spectateurs, entonnent des chants et saluent le public en descendant les gradins pour rejoindre la scène.

L’action se déroule principalement dans la cité « 220 Logements », un choix scénique astucieux de la part de Souleymane Sow pour raconter les moments marquants de cette période cruciale de l’histoire ivoirienne. La mise en scène dévoile la vie quotidienne des habitants de cette cité, représentant toutes les générations : retraités, étudiants, fonctionnaires, commerçants, ménagères. Cette comédie musicale, qui revisite avec humour les événements de l’époque, se distingue par sa capacité à échapper aux clichés des nombreux films traitant de la même période. Le metteur en scène apporte une dimension nouvelle à la scénographie en intégrant deux étagères avec des échelles, symbolisant la cité avec des lampes installées à chaque niveau, captivant ainsi l’attention du public.

L’humour est également un élément clé de cette pièce, apportant une légèreté bienvenue à un contexte chaotique. Les interactions avec le public créent une dynamique engageante, rapprochant les spectateurs des personnages et les rendant plus compatissants envers leur histoire.

Par ailleurs, « 220 Logements » met en lumière des réalités contemporaines, soulignant la difficulté d’être étranger dans un pays étranger, une thématique malheureusement toujours d’actualité. Les déboires des enfants de Kaboré, taxés d’étrangers pendant la crise, résonnent avec des événements récents tels que les problèmes rencontrés par les Nigérians en Afrique du Sud. La pièce souligne ainsi les injustices et les stigmatisations subies par les étrangers, chassés de leurs terres et de leurs propriétés.

Cependant, malgré la dynamique indéniable de la représentation, des réserves subsistent quant à la pertinence du texte. La profusion de dialogues, bien que maintienne un rythme effréné, peut parfois étouffer l’essentiel du message. Une approche plus équilibrée, mettant davantage l’accent sur les intentions du texte plutôt que sur les paroles des personnages, pourrait enrichir la représentation et la rendre plus profonde.

En somme, « 220 Logements » se distingue comme le seul spectacle ivoirien présent à la 24e édition des Journées Théâtrales de Carthage 2023, offrant au public une expérience théâtrale mémorable, entre rires et réflexions sur les tumultes de l’histoire de la Côte d’Ivoire.