Harouna Neya

Les journées théâtrales de Carthage 2023 : La mémoire du Théâtre National à travers une exposition

Du 3 au 10 décembre 2023, l’espace des 4 saisons – salle Le 4e Art, se transforme en un lieu empreint de nostalgie et de célébration, accueillant une exposition rétrospective « Douroub », qui retrace les quatre décennies d’existence du Théâtre National Tunisien. Cette exposition offre un voyage à travers les saisons théâtrales passées, offrant ainsi un regard sur l’évolution artistique et culturelle du théâtre.

Les murs, gardiens de la mémoire

Les murs de l’espace des 4 saisons – salle Le 4e art deviennent les gardiens de la mémoire, présentant 40 ans d’histoire à travers une série de tableaux richement garnis de photographies évocatrices dénommée « Douroub » qui signifie chemins. Chaque photo, organisée par saison, narre une histoire unique, accompagnée de légendes éclairantes, guidant les visiteurs au différent chemin de chaque époque du Théâtre National Tunisie. Depuis sa genèse en 1983, le Théâtre National Tunisien occupe une place prépondérante dans la scène culturelle et artistique tunisienne. Institution de référence, il a joué un rôle central dans l’enracinement et le développement de l’expérience théâtrale en Tunisie, contribuant ainsi à sa diversification et à son enrichissement au fil des 40 années d’existence.

« Les 40 ans du Théâtre National symbolisent la maturité ! Nous nous apprêtons à inaugurer une nouvelle ère de créativité théâtrale tunisienne, renforçant son caractère distinctif et l’enrichissant avec des œuvres novatrices », confie Moez Mrabet, directeur du Théâtre National, témoignant de l’engagement continu envers l’évolution artistique.

L’art de la photographie comme fenêtre sur l’histoire

À l’image d’une toile qui suscite des questionnements, la photographie offre une introspection similaire. L’exposition, organisée avec une palette dominante de couleurs telles que le bleu, le rouge et le jaune, présente des œuvres variées, capturant l’énergie et l’émotion des différentes saisons théâtrales à travers des clichés d’acteurs en action, des affiches de spectacles, et bien plus encore.

Prendre quelques instants pour contempler ces photographies équivaut à plonger inévitablement dans l’Histoire. À la manière d’une œuvre d’art ou d’un film, cette contemplation exige une attention particulière, transportant les spectateurs dans un autre espace-temps où les questions fusent et les émotions s’intensifient. L’exposition devient ainsi un voyage sensoriel à travers la riche histoire du Théâtre National Tunisien.


La 24e édition des Journées théâtrales de Carthage débute sous le signe de l’engagement et de l’innovation

Les festivités des Journées théâtrales de Carthage ont débuté le 2 décembre 2023 au Théâtre municipal de Tunis, inaugurant ainsi la 24e édition du festival qui célèbre son 40e anniversaire sous le thème évocateur « Le théâtre… la vie ».

Dans le cadre d’un partenariat entre l’Établissement National pour la Promotion des Festivals et des Manifestations Culturelles et Artistiques (ENPFMCA) de la Tunisie et l’Association Nord Ouest Cultures (promotrice de la plateforme www.noocultures.info et coordonnatrice du réseau panafricain et pluridisciplinaire CRITIQUES AFRICAINES), j’ai été sélectionné pour assurer la couverture de la 24è session des Journées Théâtrales de Carthage, du 2 au 10 décembre 2023 à Tunis.

L’éclat inaugural de cette édition mémorable a été marqué par la représentation du spectacle intitulé « Finale », une fusion audacieuse d’arts du cirque et de chorégraphie, ornée d’éléments scénographiques aux couleurs du drapeau palestinien. Un geste artistique symbolique exprimant un soutien vibrant au peuple palestinien et à sa résistance face à l’agression brutale sioniste contre Gaza.

Moez Mrabet et le théâtre en action

Moez Mrabet, directeur du festival, a ouvert les cérémonies en introduisant le slogan inspirant « Au théâtre on vit… Avec l’art nous résistons », soulignant ainsi l’engagement du festival envers les causes justes et la dignité humaine, en particulier la cause palestinienne. Cette édition exceptionnelle coïncide avec le 40e anniversaire du Théâtre National, ajoutant une dimension particulière à l’événement.

Hommage émouvant et distinctions méritées

L’inauguration a été ponctuée par la présentation des différentes sections du festival et du jury de la compétition officielle. Cependant, un moment émouvant a suivi avec la remise d’un hommage posthume mérité à des figures éminentes du monde théâtral, telles que Moncef Charfeddine, Mohamed Kadous, Abdelghani Ben Tara, Rim Hamrouni, et Lassad Mehwachi.

Des distinctions honorifiques ont également été décernées à des personnalités remarquables du monde théâtral international, notamment Abdelraouf Basti (Tunisie), Hanan Haj Ali (Liban), Amin Zendagani (Iran), Elham Hamidi (Iran), Yaya Coulibaly (Mali), Nejia Ouerghi (Tunisie), et Hala Sarhan (Égypte).

Une édition prometteuse : diversité, éducation et nouveautés

Cette 24e édition promet une expérience théâtrale riche et diversifiée, réunissant des spectacles venus de 28 pays différents. Au-delà des performances artistiques, le festival propose un éventail de conférences et d’ateliers de formation, soulignant son engagement en faveur de l’éducation théâtrale et de l’échange culturel.

En nouveauté, le festival inaugure le tout premier marché du théâtre, une initiative visant à promouvoir la production théâtrale et à suivre les tendances émergentes dans le monde du spectacle. L’atmosphère vibrante de créativité et d’échange témoigne de l’importance continue du festival des Journées théâtrales de Carthage dans le paysage culturel international.


Kolog N’Gomè, le festival rap et hip-hop qui a célébré l’union nationale à Ouagadougou

Le festival de musique rap et hip-hop, Kolog N’Gomè, a récemment enflammé la capitale du Burkina Faso entre le 25 septembre et le 1er octobre 2023. Cette 16e édition de l’événement emblématique s’est déroulée à Wemtenga, dans un quartier populaire de la capitale burkinabè. Un podium géant, des artistes talentueux, et un thème percutant, Kolog N’Gomè a offert une expérience culturelle enrichissante.

Un quartier transformé : Wemtenga vibrait pour Kolog N’Gomè

C’est sur la fin de l’avenue Wemba Poko que le théâtre de cette célébration musicale a eu lieu. Les rues ont été barrées, un podium géant a trôné au centre du terrain de Sankuy, et une sonorisation de qualité a assuré l’ambiance. L’ensemble a créé un cadre idéal pour accueillir des rappeurs en herbe, et confirmés, prêts à dévoiler leur talent au public.

Les Amazones du Hip hop ont assuré une sonorisation de qualité lors de cette 16e édition. Crédit photo : Manivelle production (via Facebook)

Thème 2023 : union nationale et défis sécuritaires

Le thème choisi pour Kolog N’Gomè en 2023 était « union nationale et défis sécuritaires ». L’événement était bien plus qu’une simple célébration musicale. Il a offert une tribune aux artistes pour aborder des questions sociales et politiques cruciales. Kolog N’Gomè a démontré que la musique peut être un moyen puissant pour inspirer le changement et promouvoir l’unité nationale.

Kolog N’Gomè : « Viens t’exprimer » en Mooré

Le nom même du festival, Kolog N’Gomè, possède une signification profonde en langue nationale Mooré. Il se traduit par « Viens t’exprimer », un appel à la libre expression artistique et à la communication. Ce titre reflète l’esprit du festival, qui encourage non seulement les artistes à s’exprimer à travers leur musique, mais aussi le public à partager ses idées et ses opinions.

La libre expression artistique encourage non seulement les artistes à s’exprimer à travers leur musique, mais aussi le public à partager ses idées et ses opinions. Crédit photo : Manivelle production (via Facebook)

Plus qu’un concert : rencontres, échanges et ateliers culturels

Kolog N’Gomè est allé au-delà des performances artistiques. Le festival a favorisé les rencontres et les échanges entre les participants, encourageant ainsi le dialogue sur des enjeux importants. Des ateliers culturels ont également été organisés, offrant aux jeunes artistes l’opportunité de perfectionner leurs compétences et de s’inspirer mutuellement.

Le rap comme outil de changement social

Les concerts ont été le point central de Kolog N’Gomè. Ils ont permis aux rappeurs burkinabè de briller sous les projecteurs tout en abordant des sujets sérieux. Le rap et le hip-hop sont plus que de simples genres musicaux, ce sont des outils puissants de changement social. Ils éveillent les consciences et rassemblent les communautés.

Le Rap, un instrument puissant pour promouvoir le changement et l’unité nationale. Crédit photo : Manivelle production (via Facebook)

Rues marchandes et saveurs locales

Les rues marchandes ont ajouté une touche authentique à l’événement. Les festivaliers ont pu y trouver une variété de produits artisanaux et de spécialités culinaires locales, créant ainsi une atmosphère vibrante et chaleureuse. Kolog N’Gomè a célébré la richesse de la culture burkinabè dans toute sa splendeur.

Kolog N’Gomè – Musique, unité, et changement

En fin de compte, Kolog N’Gomè a représenté bien plus qu’un simple festival de musique rap et hip-hop. Il a incarné l’unité, la créativité et l’engagement vers un Burkina Faso meilleur. L’événement a continué d’inspirer les jeunes artistes, d’encourager le dialogue sur les questions sociales et de célébrer la culture locale. Kolog N’Gomè a prouvé que la musique, en particulier le rap, pouvait être un instrument puissant pour promouvoir le changement et l’unité nationale. L’édition 2023 restera gravée dans les mémoires comme une célébration mémorable du rap et de la culture au Burkina Faso.


Les Rencontres Musicales Africaines (REMA) : L’Économie Musicale à l’ère de la Découvrabilité

Depuis leur première édition en 2018, les Rencontres Musicales Africaines (REMA) sont devenues un pilier annuel incontesté de la scène musicale au Burkina Faso. Initiées par La Cour du Naaba, ces rencontres réunissent des professionnels de la musique originaires d’Afrique et d’autres horizons pour discuter des questions cruciales liées à l’économie de la musique. Cette initiative qui vise à contribuer à la professionnalisation des acteurs de la musique en Afrique, faisant ainsi de la musique un véritable moteur de développement.

Les Rencontres Musicales Africaines offrent la possibilité aux artistes nationaux et internationaux de performer pendant les showcase. Crédit photo : Galerie REMA

En trois jours intenses, les REMA fournissent une plateforme riche en réflexion et en échanges, comprenant des Panels Professionnels, des Keynotes inspirantes, des Conférences éclairantes, des Ateliers pratiques, des Showcase, des rencontres express, et le célèbre Plateau « Invité des REMA ». Au cœur de cet événement, un thème central émerge pour l’année 2023 qui se tient du 19 au 21 Octobre : « Diversité artistique et découvrabilité, au cœur de la création musicale ».

La Découvrabilité : L’épicentre de la création Musicale

Dans l’univers musical contemporain, la visibilité et l’accès à une diversité artistique sont des enjeux cruciaux. Les géants de la technologie, regroupés sous l’acronyme GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), ainsi que les plateformes de streaming, dominent le marché de la diffusion musicale. Ils utilisent des algorithmes sophistiqués pour générer des recommandations et guider les utilisateurs à travers une profusion de contenus musicaux.

La question qui se pose est la suivante : ces algorithmes favorisent-ils réellement la diversité ou tendent-ils à créer une uniformité dans l’offre musicale ? C’est un débat complexe, car les algorithmes ont le potentiel de faire les deux.

L’émergence du concept de Découvrabilité

C’est dans ce contexte que le concept de découvrabilité a pris de l’ampleur. Il englobe le processus par lequel un artiste peut être trouvé et reconnu par un public. À une époque où les méthodes de marketing et de promotion artistique traditionnelles atteignent leurs limites pour toucher un public plus vaste, la découvrabilité devient un outil puissant.

Les artistes peuvent exploiter les outils numériques, tels que les médias sociaux et les services de streaming, pour se faire connaître et augmenter leurs chances d’être découverts. Ils peuvent également capitaliser sur les médias traditionnels, tels que la radio et la télévision, pour accroître leur visibilité.

Les Rencontres Musicales Africaines fournissent une plateforme riche en réflexion et en échanges, comprenant des Panels Professionnels. Crédit photo : Galerie REMA

Impact positif sur la création Musicale

La découvrabilité ne se limite pas à la promotion artistique ; elle est également cruciale pour la créativité musicale. Elle permet aux artistes de découvrir de nouvelles sources d’inspiration, de partager leurs idées et de collaborer avec d’autres musiciens. Les festivals et les projets collaboratifs offrent des opportunités précieuses pour se produire devant un public plus large.

En conclusion, les Rencontres Musicales Africaines (REMA) méritent des éloges pour leur engagement en faveur de la découvrabilité musicale en Afrique. En mettant en lumière les défis liés à la visibilité artistique et à la diversité musicale, elles contribuent à l’épanouissement de l’industrie musicale sur le continent. Les REMA, en favorisant les échanges entre professionnels et en mettant en avant le rôle des algorithmes, sont un rendez-vous incontournable pour quiconque s’intéresse à l’avenir de la musique en Afrique.


Burkina Faso : la planification familiale, un défi pour la santé publique et le développement

Au Burkina Faso, la planification familiale demeure un défi majeur, affectant la santé publique et le développement. Malgré les efforts en cours, les taux d’utilisation de contraceptifs restent faibles, laissant de nombreux besoins insatisfaits. Cette problématique est exacerbée par un contexte d’insécurité persistante

La méthode du collier comme un moyen de planification familiale naturelle.
Photo by @Medsile via Iwaria

La Voix des Statistiques

Les chiffres parlent, mais derrière chaque pourcentage se cache une histoire personnelle. Une prévalence contraceptive de 22,5% révèle les difficultés que les femmes burkinabè peuvent rencontrer pour accéder aux méthodes de contraception. Les besoins non satisfaits atteignant 19,4%, peignent un tableau où un grand nombre de femmes n’ont pas la liberté de décider du moment et du nombre d’enfants à avoir.

Ces chiffres se traduisent par une réalité tragique : un ratio de mortalité maternelle élevé à 300 décès pour 100 000 naissances vivantes selon Dr Alimata Diarra/ Nama, représentante résidente de l’OMS assurant l’intérim de l’UNFPA pendant la semaine nationale de la planification en 2021.

Les larmes se mêlent au désarroi d’un taux de mortalité néonatale à 23 pour 1000 naissances vivantes, mettant en évidence les défis persistants en matière de santé maternelle et infantile.

Les voix des témoignages

Chaque statistique révèle une réalité humaine, avec des femmes, des mères et des jeunes filles dont la vie est façonnée par ces défis. Fanta, jeune mère, partage son expérience : « Quand j’attendais mon deuxième enfant, j’ai réalisé que je ne pouvais pas supporter une autre grossesse si rapprochée. Cependant, je ne savais pas où chercher de l’aide. J’aurais souhaité avoir plus d’informations sur la planification familiale. »

Les jeunes font également entendre leur voix. Ibrahim, âgé de 19 ans, explique : « Nous avons besoin davantage d’informations sur la sexualité et la contraception. Il y a tellement de désinformation en circulation. Si nous étions mieux informés, nous pourrions prendre des décisions plus éclairées. »

Récolter les avantages des droits reproductifs

Dans ces récits, on se rend compte que la planification familiale est bien plus que des méthodes contraceptives. C’est un droit fondamental, une source d’autonomisation pour les femmes et les familles. Dr Clémentine Dabiré, marraine de la semaine de la Planification Familiale en 2021, souligne avec justesse : « La planification familiale participe grandement à l’épanouissement de l’ensemble des couches sociales. En plus de contribuer à la maîtrise raisonnable et responsable de la croissance démographique, elle contribue à la capture du dividende démographique de façon conjointe avec les autres secteurs de développement. »

Des solutions qui puisent localement

Face à ces défis, la clé réside dans des solutions enracinées dans la réalité burkinabè. Les autorités locales, les organisations nationales et internationales ont un rôle central à jouer dans la promotion de la planification familiale. Une approche holistique incluant une éducation sexuelle et reproductive dès le jeune âge, un accès aisé aux contraceptifs modernes et des campagnes de sensibilisation ciblées pourrait briser les tabous et les barrières culturelles qui limitent l’accès aux informations et aux services de planification familiale.

Des histoires inspirantes surgissent de ce sol burkinabè. Des associations de santé communautaires, des ONG et des cliniques mobiles éduquent et servent les populations locales, allégeant le fardeau des défis. Chaque témoignage, chaque sourire transformé en réalité grâce à ces initiatives, témoigne de l’importance de soutenir et d’étendre ces efforts. Parmi le organisations locales l’association Burkinabè pour le bien être familial (ABBF) se démarque en tant que pionnière de la planification familiale au Burkina Faso, mettant en œuvre des projets et programmes axés sur les droits et le genre en matière de santé sexuelle reproductive.

Des politiques et des programmes engagés

Toutefois, les solutions ne se limitent pas exclusivement à l’initiative de la société civile. Les autorités locales jouent un rôle essentiel dans la création d’un environnement propice à la planification familiale. L’élaboration de politiques favorables, le renforcement des systèmes de santé afin de garantir la prestation de services de haute qualité, ainsi que les investissements dans des programmes de sensibilisation à l’échelle nationale, constituent des étapes cruciales. La collaboration entre les gouvernements locaux, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux ouvre la voie vers un avenir plus prometteur. Il est impératif de renforcer les liens de partenariats avec les organisations internationales telle qu’equipop qui œuvre en faveur des droits et de la santé des femmes et des filles à travers le monde.

L’accès aux contraceptifs modernes et des campagnes de sensibilisation ciblées pourrait briser les tabous et les barrières culturelles. Photo by @Pablo via Iwaria

L’avenir à l’horizon

L’insécurité a frappé durement le Burkina Faso, avec des conflits armés et des mouvements terroristes qui ont ébranlé la stabilité du pays. Les déplacements forcés et les troubles sociaux résultant de l’insécurité, ont un impact direct sur la santé reproductive des femmes et des jeunes. Les services de santé sont souvent perturbés, l’accès aux soins devient difficile et les informations sur la planification familiale sont souvent reléguées au second plan par les préoccupations immédiates de survie.

Cependant, il est crucial de rappeler que le droit à la planification familiale ne doit pas être compromis par l’insécurité. Les droits sexuels et reproductifs restent des droits humains fondamentaux, même en temps de crise. En embrassant des solutions locales, en mobilisant les autorités locales, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux, le Burkina Faso peut transformer ces défis en opportunités pour un avenir plus sain, plus équilibré et plus prospère pour toutes ses citoyennes et tous ses citoyens. Ces voix, qu’elles soient celles des chiffres, des témoignages ou des espoirs, convergent vers un horizon où chaque personne peut décider de son propre avenir. Restez connectés pour plus d’histoires inspirantes et de découvertes au cœur du Burkina Faso.


Walé Oyejidé rend hommage au Burkina Faso à travers son film « Bravo, Burkina ! »

« Bravo, Burkina ! » est l’œuvre cinématographique du réalisateur nigérian-américain Walé Oyejidé. Cette œuvre a eu sa première africaine au 28e FESPACO en film d’ouverture. Dans ce film réalisé en langue mooré-italien et sous-titré en français, le réalisateur nous rappelle à quel point le monde est grand et à quel point nous sommes connectés malgré la distance.

« Bravo, Burkina ! » est un long métrage qui aborde le thème de l’immigration. L’intrigue du film emmène les spectateurs dans deux pays différents. Tantôt dans un village du Burkina Faso et tantôt dans une ville en Italie. Le film raconte l’histoire d’un jeune immigré burkinabè en Italie, mais retrouve ensuite son chemin dans le temps pour retrouver ce qu’il a perdu. Ce film à la fois poétique et philosophique, explore ce que signifie l’existence, l’amour, la famille et le retour aux sources.

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Bande annonce du film « Bravo, Burkina ! » – Youtube

Un aller-retour entre l’Afrique et l’Occident

Pour ceux qui s’attendent à une histoire générique et linéaire, c’est une déception. Il semble difficile de comprendre ce film. Cela s’est ressenti sur les visages des cinéphiles présents. Le réalisateur invite le spectateur à un voyage hors du cadre du film. C’est une invitation à imaginer, à se créer une compréhension du film. La bonne nouvelle ce que chaque spectateur peut avoir sa propre lecture de l’œuvre.

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« Fasotopia », nous sommes en 2075 au Burkina

Deux aspects remarquables méritent d’être reconnus. Le premier est la conduite des personnages. Chaque personnage porte des vêtements sophistiqués qui mettent en valeur sa personnalité et respirent la tranquillité et l’équilibre. Ces mouvements subtils et ces pas calculés se ressentent tout au long du film. C’est sans surprise que Walé Oyéjidé, costumier de cinéma renommé et directeur de la marque Ikire Jones, a créé ces chefs-d’œuvre. C’est d’ailleurs lui qui a conçu les costumes du film à succès « Black Panther ». La deuxième chose est le mouvement de la caméra. La caméra est toujours en mouvement, comme un aller-retour entre l’Afrique et l’Occident. Le réalisateur s’est beaucoup amusé avec les codes de la réalisation.

« ‘Bravo, Burkina !’ a été fait pour que le monde entier sache à quel point le Burkina Faso est un grand pays. En occident on parle du Burkina Faso et ce n’est pas toujours en bien. Rien que le titre montre à quel point le Burkina Faso est un bon pays », a rappelé Walé Oyejidé.


‘’Clap Assainissement’’ a fait de nous des cinéastes ambassadeurs de l’assainissement 

A travers une approche collaborative, Niyel a permis à nous, neuf (9) jeunes et talentueux cinéastes de réaliser des documentaires percutants mettant en lumière les nombreux défis liés à l’assainissement dans nos villes respectives à travers le continent. En ouverture du Festival du Court-Métrage FSM, nos films ont été projetés en avant-première au cinéma Majestic Ivoire du #SofitelIvoire le 21 Février. Ces films ne sont pas seulement instructifs, ils ont un fort impact social, illustrant les conséquences tangibles d’une mauvaise gestion et de mauvaises pratiques de l’assainissement.
Les jeunes cinéastes en séances de questions-réponses face aux décideurs politiques régionaux

La projection de nos films lors du 21e Congrès et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de la 7e Conférence Internationale sur la gestion des boues a eu la présence de décideurs régionaux. Les débats ont suscité la réflexion sur comment chaque action peut nous rapprocher d’un changement pour un meilleur assainissement.

L’Agence Internationale NIYEL en collaboration avec Les films selmons de la réalisatrice Apolline Traoré, nous a permis de bénéficier d’un accompagnement professionnel pour la réalisation de documentaires sur l’assainissement.

Un combat pour la production de reportages à impact

Faire de l’image un outil de plaidoyer en faveur d’un meilleur assainissement. C’est l’objectif visé par NIYEL et Les Films Selmons dans le cadre du programme « Clap Assainissement ». Clap Assainissement un programme d’accompagnement professionnel dans la production audiovisuelle de courts métrage. Le cinéma est très prisé en Afrique francophone et est un vecteur de rassemblement et de changement. Niyel souhaite donc utiliser le septième art comme vecteur de changement sur l’assainissement.

Mention spéciale à mes collègues : Ineck Houngbedji du Bénin , Fabien Meye Minang du Gabon ,Sonia Loraya du Burkina Faso ,Ismail Oureya-Molla Essowani du Togo, Doudou Diop du Sénégal ,El Hadj Vadieneka Cissé de la côte d’ivoire  et Naval Ravoniarison de Madagascar et bien sûr moi-même Harouna Neya du Burkina Faso.

Dans la suite du programme, nous préparons un plan de dissémination et bientôt nos films seront diffusés dans nos pays respectifs pour un meilleur assainissement.


L’école supérieure de théâtre Jean-Pierre Guingané propose une formation de niveau licence en Arts dramatiques.

Créée en 2009, l’école supérieure de théâtre Jean-Pierre Gunigané à travers le Centre de formation et de recherches en Arts Vivants (CFRAV) dispense des cours pendant toute l’année, avec un cursus diplômant de trois ans.  Les diplômés travaillent dans le secteur théâtral au niveau national et international.

Sur un cycle de trois ans (six semestres), l’école supérieure de théâtre Jean –Pierre Guingané donne une formation diplômante de niveau supérieur basée sur le principe du comédien réflexif. Plus que l’enseignement des techniques liées à des disciplines, la pédagogie du comédien réflexif part du principe que le talent du praticien est en lui-même et qu’il peut, de manière autonome, travailler à l’épanouissement de ce talent en développant :

  • L’intelligence artistique ;
  • La maitrise technique ;
  • L’autonomie ;
  • La créativité.

Les trois années de formation sont reparties ainsi qu’il suit :

  • Premier cycle : deux semestres probatoires ;
  • Second cycle : quatre (4) semestres de spécialisation sanctionnée par une évaluation finale et un projet artistique de sortie ;
  • Chaque semestre compte 720 unités d’enseignement dont 300 heures avec des enseignements nationaux et internationaux.

L’école supérieure de théâtre Jean-Pierre Guingané collabore avec l’Université Joseph KI-ZERBO-Burkina Faso, le conservatoire Royal de Mons- Belgique, l’école internationale de théâtre du Bénin, l’école de théâtre de l’INSAAC-Cote d’Ivoire, l’école supérieure « Scuola Dimitri » -Suisse.

Les étudiants de la 6e promotion en séance de Recherche artistique avec l’association Hajusom de hamburg et OTHNI du Cameroun. CP; La page Facebook de l’école

Toute personne souhaitant s’inscrire à l’école supérieure de théâtre Jean-Pierre Guingané doit adresser à l’espace culturel un dossier composé ainsi qu’il suit :

  • Une photocopie du Baccalauréat ;
  • Une demande signée du candidat ;
  • Frais Administratif de 10 000 FCFA ;
  • Une lettre de motivation ;
  • Un curriculum vitae retraçant le parcours artistique du candidat (avec les photocopies des attestations de stages et diplômes) ;
  • Une caution d’une structure culturelle s’il y a lieu.

Un test d’admission est organisé pour chaque promotion avec un double objectif :

  • Évaluer la motivation et le désir d’apprendre de chaque candidat ;
  • Vérifier si le candidat dispose du minimum des aptitudes requises pour entreprendre ce type d’études artistiques.

Les frais de scolarité : 100 000 FCFA par an

NB : Le prochain recrutement pour la 7e promotion aura lieu probablement en Octobre-Novembre 2024

Info : espacegambidi@yahoo.fr / gingane@hotmail.com/ lucafusi@iol.it


La pièce de théâtre L’hôte :  »La rue, c’est la seule fidèle au poste ! »

L’hôte est une pièce de théâtre écrite et jouée par Issaka Zallé, un jeune comédien Burkinabè. C’est un monologue de près de 50 minutes qui vous transporte dans l’histoire de Kongoza Ali, un vétéran rescapé d’une guerre, devenu mélancolique et qui a été adopté par la rue. La pièce a été créée en Allemagne sous l’encadrement de Katarina Oberlik et repris au Burkina Faso sous la direction de Charles Tiendrebeogo.

Pendant que le public prend place, on observe une douche tamisée sur le personnage. Il est assis sur une chaise maquillée avec des journaux papiers. Le personnage porte une blouse grise, un sous corps blanc et des chaussures godasses. Il se réchauffe autour du feu qui est allumé près de lui. Dès lors, tout porte à croire que nous sommes dans la rue.  Puis, tout à coup, il se lève tout doucement, avance vers le public puis dit : « Bonjour à vous la communauté d’avoir effectué le déplacement pour cette rencontre mensuelle… ».

Le personnage de Kongoza Ali sur sa chaise maquillée avec des journaux papiers. Crédit ! Harouna Neya

Dans ce monologue interprété par Issaka Zallé, plusieurs personnages seront convoqués. D’abord, le personnage central de la pièce, du nom de Kongoza Ali, un ancien membre des forces spéciales qui a été traumatisé par les différentes guerres sur le champ de bataille. Trainant toujours ses séquelles, finalement c’est dans la rue qu’il trouve sa quiétude. « La rue, c’est la seule fidèle au poste », dit-il. « Elle ne te juge pas, elle ne te condamne pas. Tout ce que la société rejette, la rue l’accueille », ajoute-il.

Ensuite, à travers le personnage de la vieille Mirabelle, Issaka met en exergue les conflits de générations où parfois on fait le choix de se débarrasser des personnes âgées en les transférant dans les maisons de retraites. La famille de Mirabelle a jugé qu’elle était devenue trop vieille et qu’il fallait qu’elle soit transférée dans une maison de retraite. Pour éviter de subir cette décision, elle a finalement décidé de se faire adopter par la rue.

Dans le personnage du fou, Issaka a voulu révéler certains clichés observés dans la société où certains sont victimes de stéréotypes et de marginalisation du fait de leur différence, de leur choix de vie, de leur opinion etc. Il dit : « les humains, lorsque quelqu’un ne mange pas comme eux, ne boit pas comme eux, ne dort pas comme eux, alors il est fou ! ».

Avec le rôle de l’influenceuse, le comédien a voulu dépeindre ce que sont devenus aujourd’hui les réseaux sociaux. Un espace où tout le monde se réclame influenceur. Où la jeune génération est prête à aller dans l’absolu pour plaire sur les réseaux sociaux. Le monde virtuel est devenu aujourd’hui la vraie vie de certaines personnes.

Dans le personnage de l’influenceuse, pour qui le monde virtuel est devenu la vraie vie. Crédit : Harouna Neya

Dans les quinze dernières minutes de la pièce, le personnage de Kongoza Ali est appelé par un masque qui l’oblige à le porter. Enivré par la richesse et la gloire du bien matériel, le masque lui rappelle qu’il a perdu les valeurs essentielles. La partie du masque marque le retour à la source où les ancêtres sont toujours avec lui dans un combat spirituel qui est montré par le comédien qui lui rappelle les valeurs des siens. Des valeurs comme l’écologie du sacré, le totémisme, l’égalité entre homme et la femme etc.

Le personnage de Kongoza Ali mène un combat spirituel avec ses ancêtres à travers le masque. Crédit : Harouna Neya

Finalement, le personnage de Ali Kongoza fera la paix avec ses ancêtres. Le masque lui confère un pouvoir de prédilection. Avec les ancêtres à ses côtés, il aura la possibilité de prédire l’avenir des spectateurs présent.

Ce spectacle sera bientôt programmé dans les différents théâtres et espaces culturels au Burkina Faso. C’est un spectacle qu’il faudra voir pour découvrir les multiples facettes de la créativité artistique qui en découlent.


En 50 Ans, 22 présidents ont été assassinés sur le continent africain

Depuis 1963, vingt-deux présidents africains ont été tragiquement assassinés alors qu’ils exerçaient leur fonction. L’exposition de Sophie FARDET, intitulée « Le souffle de l’indépendance tâché de sang », aborde cette sombre réalité en mettant en lumière ces vingt-deux dirigeants. Après avoir été présentée au Bénin, cette remarquable exposition trouve désormais sa place à l’Atelier international d’Arts visuels Danielle Burbeau, au sein de l’espace culturel Gambidi, au Burkina Faso. 

Cette exposition se compose de linogravures représentant les portraits des vingt-deux présidents africains assassinés, de batiks illustrant les cartes de l’Afrique ainsi que des dix-huit pays concernés par ces actes tragiques, de broderies symbolisant le sang versé et les frontières, et de coutures pour l’assemblage.En plus de constituer un devoir de mémoire, cette exposition offre l’occasion de plonger dans le passé, au cœur de l’histoire de l’Afrique, dans l’espoir de mieux comprendre le présent. Sophie Fardet, une artiste française plasticienne résidant actuellement au Bénin, s’interroge sur le rôle de l’art dans l’appréhension et la compréhension des faits historiques. Pour elle, c’est par le biais de l’esthétique et en suscitant des émotions puissantes que les artistes peuvent dévoiler la véritable nature de la société.

La technique de la linogravure permet de représenter les portraits en trois exemplaires, illustrant ainsi la disparition de ces personnages marquants. Par ailleurs, un aspect qui attire l’attention est l’utilisation des couleurs bleu, blanc et rouge, en référence aux couleurs traditionnelles de la France. Sur la carte de l’Afrique présentée dans l’exposition, le rouge symbolise les pays où les présidents ont été assassinés. Cette symbolique pourrait suggérer que la France ne serait pas complètement innocente dans ces événements tragiques.

En outre, un autre fait marquant réside dans le fait que la plupart des présidents assassinés avaient été élus démocratiquement. Ce constat soulève des interrogations quant à la véritable valeur de la démocratie en Afrique, et s’il existe réellement une indépendance effective.

Les portraits des présidents assassinés en linogravure. Crédit : Boureima Passeré

Les assassinats de ces vingt-deux présidents africains, survenus dans l’exercice de leur pouvoir, mettent en lumière un phénomène social dont les justifications peuvent varier d’un pays à l’autre. Ce qui les réunit, cependant, c’est le sang versé. Selon Sophie, ces vingt-deux assassinats en cinquante ans suscitent la peur et interpellent profondément.

Sophie FARDET exprime toute sa satisfaction pour la réussite de son exposition. Crédit : Boureima Passeré

Prendre quelques instants pour contempler les portraits de ces présidents assassinés nous plonge inévitablement dans l’Histoire. Comme c’est le cas avec des images ou des films, cette contemplation signifie observer avec une grande attention. Cela nous transporte ailleurs, nous emmène dans une histoire où nous nous posons des questions et ressentons des émotions intenses. Ces portraits nous invitent à une réflexion profonde sur nous-mêmes et sur l’histoire de notre continent.